Après un premier film sombre et dérangeant,
Lady Chance, très remarqué en 2004, le réalisateur et scénariste
Wayne Kramer revient avec
La Peur au ventre, un thriller d'une violence étonnante.
Un jeune garçon, Oleg, vole une arme dans l'idée de tuer son beau-père. Le revolver, qui est considéré comme une pièce à conviction mêlant mafia et flics véreux, devient ainsi l'objet de toutes les convoitises durant une nuit semblant interminable. Dès lors, un « after hours » inquiétant commence…
Wayne Kramer signe une œuvre habile « made in States » contenant tous les ingrédients d'un succès éventuel, à savoir un savoureux mélange de sexe et de violence. L'intrigue se déroule à un rythme effréné, dans un univers nocturne proche du chaos. C'est parti pour une course contre la montre durant laquelle nous sommes tenus en haleine, sans répit, du début jusqu'à la fin. Hormis le côté spectaculaire, nous assistons aussi à la prise de conscience d'un homme face à ses erreurs. Ici, la recherche de l'arme à feu est vécue comme un enjeu fondamental pour le protagoniste principal mais aussi pour ceux qui l'entourent. Le long-métrage semble également vouloir faire voler en éclat nombreux tabous présents aux Etats-Unis et il y parvient subtilement. Ainsi, le cinéaste, à travers son histoire, dénonce de prime abord la violence, qu'elle soit purement physique (épisode des palets de hockey reçus en plein visage), conjugale (les parents de Oleg), ou psychologique. Le scénario évoque aussi les problèmes de pédophilie. Enfin, il met en avant la possession légale des armes à feu dans la majeure partie du pays et les diverses difficultés qu'elle provoque.
Produit de manière indépendante notamment par
Brett Ratner, le réalisateur des deux épisodes de
Rush Hour, ce thriller bénéficie de surcroît d'un casting hétéroclite surprenant. A retenir les prestations remarquables de Joey, le mafieux et pilier de famille, et de Oleg, le meilleur ami de son fils qui a dérobé la fameuse pièce à conviction. Le personnage principal est joué par
Paul Walker, jeune acteur vu dans les deux volets du film de voitures
Fast And Furious. Nous le retrouvons dans un rôle à contre-emploi où il montre son éventail de capacités.
Cameron Bright qui campe Oleg s'est illustré dans le thriller
Godsend ou encore
Birth avec Nicole Kidman. Ici, il offre un jeu d'acteur juste dont il n'a pas à rougir et malgré son jeune âge, il semble disposer à sa guise d'un talent certain, à l'instar des plus grands de Hollywood. Un acteur à suivre…
La peur au ventre est un véritable spectacle de deux heures auquel nous ne regrettons vraiment pas d'avoir assisté !
Fanny Cairon