AVERTISSEMENT : Toutes les personnes qui s'attendent à lire une critique sur un nouveau film de "serial-killer" peuvent stopper leur effort intellectuel. ..
En effet,
La Prophétie Des Ombres est sans conteste un film catastrophe, rien de plus. Une grosse touche de surnaturel vient cependant se mêler à l'intrigue pour un résultat assez lourd.
Mark Pellington, à qui l'on doit
Arlington Road, réitère sa performance : il sait nous intéresser une petite demi-heure, nous lasser pendant une bonne heure, pour finalement conclure avec un quart d'heure dans lequel l'intrigue prend enfin son sens.
A cela je réponds :
"tout ça pour ça !!!", d'autant plus que l'ambiance qui entoure le film, les personnages flirtant avec la folie, la bande son stridente ( ...), laisse présager une fin schizophrénique. Mais non, Pellington nous sert un dénouement tout ce qu'il y a de cartésien, la catastrophe donc, et fini les problèmes de silhouette. Malheureusement le film démystifie cette légende urbaine et les quelques lignes clôturant la pellicule n'y changent rien, au même titre qu'un
Richard Gere, fade et sans présence…
Levons tout de même le mystère sur la fameuse ombre, le
"mothman" en anglais, littéralement l'homme papillon. On pourrait le rebaptiser le
"smokeman", compte tenu du temps incroyable pendant lequel il illumine l'écran ...Vous l'avez compris, cette histoire est du vent, on l'entend plus qu'on ne le voit vraiment !!
Suggérer au lieu de montrer peut être un parti pris intéressant, mais il y a des limites. Les quelques taches d'encres que l'on nous présente en guise de croquis ne suffisent pas à éveiller notre imagination. A sa première apparition certes, on sursaute à ce qui se présente alors comme un bon présage, mais rien de plus …
C'est précisément à ce moment du film que l'on plonge dans un monde qui se veut étrange, dont les méandres ne s'avèrent être qu'un leurre pour mieux nous dissimuler la chute. Supporter une heure de film pour en retirer à peine cinq minutes d'utiles, cela laisse un léger goût amer. Intéresser tout au long de l'intrigue pour la sublimer en conclusion, cela s'apprend Monsieur Pellington… demandez à Monsieur Shyamalan (
Sixieme Sens,
Incassable) de vous initier.
Un film donc destiné aux courageux. Pour ceux qui y survivent, l'amertume passe pour laisser place à un désir de revivre cette expérience pour mieux en apprécier les subtilités.
Le réalisateur s'en sort, une fois de plus, pas trop mal mais de justesse, sur la ligne d'arrivée !
Grégory Delavallée