Avant que le bébé ne soit «une personne», qu'Elisabeth Badinter ne bouscule l'intouchable notion d'«instinct» maternel, Freud et ses disciples n'ont selon le
réalisateur, jamais répondu à la question «que veut une femme quand elle porte un enfant ?»
«Pour moi, explique-t-il, la question de la maternité est une question générale sur les femmes, sur les multiples visages de la féminité. Je les explore avec ces deux jeunes femmes de 18 ans, bourgeoise et nourrice, en exposant leurs manières d'assumer leurs responsabilités vis-à-vis de leur enfant et de leur propre destinée.». Charlotte Orcus n'a guère connu autre chose que le couvent avant son mariage, et voudrait profiter de la présence de la nourrice qui partage la chambre et la vie de sa petite Marceline pour reprendre une vie mondaine brièvement goûtée. Mais son mari la somme d'accomplir le devoir maternel tel qu'il s'impose à cette époque.
«Malgré les apparences, je souhaite que le film décline un présent perpétuel par les rapports de force qui sont en jeu chez les trois personnages principaux. Un rapport de force économique et sociale: une lutte des classes avec patrons et prolétaires ; un rapport de force d'ordre privé et un autre plus souterrain : pour s'échapper de la misère, la nourrice entretient une tradition orale, du côté des contes, de la rêverie, des souvenirs. La mère se libère par les fantasmes, les voyages et la célébrité.»