Qu’est-ce qui vous a amené à choisir la Bolivie comme terrain d’étude ?
En 1990, je suis arrivée en Bolivie pour quelques semaines. Deux ans plus tard, j’y étais toujours ; Potosi m’avait littéralement captivée. Il faut dire que peu de villes possèdent une histoire et une aura aussi fascinantes. Aujourd’hui, l’architecture coloniale conserve la trace de son destin à la fois grandiose et effarant. Mais les véritables garants de l’âme de Potosi, ce sont ses habitants. Non seulement ils connaissent le passé de leur ville, mais ils le vivent au quotidien. Les curés espagnols avaient décidé que l’enfer se trouvait à Potosi: il y avait tant de richesses qu’elles ne pouvaient que créer le péché et la débauche! Ce que montre le film, c’est que le diable n’est jamais reparti. Dans la rue, il suffit de parler de richesse, d’ambition ou tout simplement de mine, pour que quelqu’un ait une aventure, une rencontre diabolique à raconter.