Un film de
Manon Briand, avec
Pascale Bussières,
Julie Gayet, Jean-Nicholas Verreault ,Geneviève Bujold,
SYNOPSIS :
A Baie-Comeau, la marée s’est brusquement arrêtée, pour une raison que tout le monde ignore. Alors que certains voient en cet étrange phénomène un signe avant-coureur d'un gigantesque tremblement de terre, deux jeunes filles et un pilote d’avion sont bien décidé à trouver une explication rationnelle.
L'AVIS DE LA REDACTION :
Après le premier film sympathique de Philippe Falardeau
La Moitie Gauche Du Frigo, sorti en France en octobre dernier, le cinéma québécois n’en fini plus de conquérir le vieux continent. Curieux et assez décalé, il nous offre souvent de bons moments, avec des films plutôt hors du commun. A mi-chemin entre Hollywood et Paris, les québécois savent imposer petit à petit leur style, leur ton.
Avec LA TURBULENCE DES FLUIDES,
Manon Briand nous propose un film étrange mais réussi. Situé entre le thriller scientifique et le drame sentimental, le long-métrage mêle subtilement émotion et réflexion.
Partant d’une hypothèse scientifiquement crédible, la marée qui disparaît subitement à Baie-Comeau, nord-est du Québec (si, si, ça peut arriver avant un tremblement de terre…), nous suivons la quête d’une femme, Alice, une sismologue canadienne exilée au Japon. Appelée sur place pour étudier ce phénomène, elle y effectue un retour aux sources, tant physique que psychologique. A travers cette histoire, nous découvrons un univers étrange, peuplé de personnage insolites, telle cette ancienne nonne reconvertie en tenancière de bar… Le décor est lui aussi hors du commun, Baie-Comeau, avec ses mobil-homes installés sur la plage pour héberger les scientifiques dépêchés sur place, qui lui donnent un air totalement décalé. D’ailleurs la ville entière parait hors du temps comme ce café ouvert 24 heures sur 24 ou cette fillette somnambule qui marche délibérément vers la plage.
Cet endroit assez mystérieux nous offre en outre des images superbes de cette très belle région. Entièrement tourné en extérieur en milieu naturel, le film bénéficie d’un éclairage et d’une luminosité réussis.
C’est dans ce contexte que la réalisatrice pose l’action du film, jouant constamment sur l’ambiguïté entre science et spiritualité. D’un côté les scientifiques, comme Claire, pour qui ce phénomène ne peut être (au début tout du moins) que le signe précurseur d’un séisme. D’un autre des habitants, qui y voient quelque chose de plus surnaturel. Et comme à chaque fois que l’on parle de phénomènes paranormaux, une paranoïa se développe chez beaucoup de monde. A Baie-Comeau, les autochtones font beaucoup de corrélations avec d’autres évènements tout aussi étranges : Une chaleur humide insupportable et inhabituelle dans cette région du Québec, la voisine qui a subitement scié tous ses arbres qu’elle affectionnait tant, etc.
Oscillant ainsi constamment entre le point de vue métaphorique et celui purement pragmatique, sans jamais nous imposer le sien,
Manon Briand nous laisse le choix, jusqu’à la fin, de croire à l’une ou à l’autre hypothèse. Elle nous offre ainsi, avec LA TURBULENCE DES FLUIDES, un voyage intriguant dans une très belle région, avec cette étrange histoire qui risque fort de vous séduire.
Amélie Chauvet
NOTES DE Manon Briand, réalisatrice :
Le sujet :
"Le projet est né d’une idée très simple, d’un flash : j’étais au bord de la mer et je me suis demandé ce qui se passerait si la marée s’arrêtait. Qu’adviendrait-il si le cycle rassurant des flots était mystérieusement interrompu ?
J’ai passé des mois à chercher une explication plausible à cette anomalie fictive. Tout est parti de là. J’ai ensuite imaginé le personnage féminin envoyé pour enquêter. J’aimai l’idée d’une femme rationnelle confrontée à l’impossible. A l’aventure s’ajoutait une dimension métaphorique riche. Pour Alice, ce phénomène étrange est aussi l’occasion de découvrir sa vie sous un nouveau jour.
La notion relative du temps et sa valeur était aussi un thème qui me touchait. L’histoire aborde également toutes ces choses que nous essayons désespérément de quantifier et de prévoir lors qu’elles nous échappent obstinément.
Le côté imprévisible de la vie me fascine, le fait que notre logique et nos raisonnements n’apportent pas de solution à tout."
L’histoire :
"On peut aborder cette histoire de deux façons : d’un point de vu métaphorique, ou purement pragmatique. Une sismologue retourne sur les lieux de sa naissance, qu’elle ne connaît pas, pour enquêter sur la mystérieuse disparition de la marée. Ce phénomène va déstabiliser sa rigueur scientifique et remettre en cause sa vision du monde. Les émotions et l’esprit vont alors primer sur son rationalisme. Ce questionnement va lui permettre de s’ouvrir, se libérer, se réconcilier avec le monde des sentiments et, d’une certaine façon, de renaître."
Le titre :
"Il correspond exactement au fil directeur de mon histoire. Car les fluides, c’est à la fois la sueur, les larmes, le désir et, d’un point de vue scientifique, la turbulence des fluides est la première manifestation visible du chaos. Et c’est un peu ce qui se produit dans ce village côtier où un événement affecte la vie, de façon physique ou psychologique."
NOTES DE Pascale Bussieres, Alice Bradley :
Le personnage d’Alice :
"Alice se révèle au fur et à mesure. La vie l’a blessée, elle a décidé de recommencer à zéro ailleurs, loin. Elle est partie pour le Japon à la suite d’un échec.
Elle ne choisit pas cette destination au hasard, elle souhaite y trouver une sorte d’anonymat, elle voudrait disparaître. Au départ, nous la découvrons très fermée à elle-même. En retournant sur le lieu de sa naissance, elle va procéder à une espèce de renaissance, elle va tout réapprendre depuis le début. C’est un retour aux sources."
Le tournage :
" Il fallait adapter nos journées aux horaires de la marée. Tout devait être filmé à marée basse. Cet impératif conditionnait beaucoup de choses. Nous nous sommes même fait piéger sur les dunes par le flot montant…
Les éléments dictaient souvent le rythme, il fallait s’adapter au vent, au grand soleil. La température très basse de l’eau a également contribué à rendre le tournage assez physique."
NOTES DE Julie Gayet, Catherine Rolland :
Le personnage de Catherine :
"Catherine est un garçon manqué. Elle est journaliste, femme de terrain qui aime bien vivre, un peu dragueuse,. Elle est aussi très sensible, tendre. Pour l’interpréter, j’ai tenu compte du mélange entre Etats-Unis et Europe, et de son amour pour Alice – même si son penchant doit rester pudique et subtil. Je devais donc respecter les différentes facettes de ce personnage, ce qui était d’ailleurs un des intérêts de ce rôle."
Le tournage :
"J’ai tourné de fin juillet à début septembre. Avant l’arrivée des ingénieurs du son, j’étais la seule française. Mon mari m’avait rejointe avec l’aîné de nos enfants, alors que j’étais partie seule avec le plus jeune, trop petit pour que je puisse le laisser. J’ai déjà fait des tournages avec l’aîné alors qu’il était encore tout bébé. Pour rassurer Pascale, elle-même accompagnée de son dernier-né, j’ai essayé de la faire bénéficier de mon expérience. D’ailleurs, notre loge était "non fumeurs", "spéciale allaitements bébés" !"
FICHE TECHNIQUE :
Réalisatrice :
Manon Briand
Producteurs :
Roger Frappier,
Luc Vandal,
Luc Vandal et Pierre-Ange Le Pogam
Scripte : Johanne Boisvert
Scénario :
Manon Briand
Directeur de la photographie :
David Franco
Ingénieur du son : Frédéric Ullman
Musique : Valmont & Simon Cloquet pour Human
FICHE ARTISTIQUE :
Alice Bradley :
Pascale Bussières
Catherine Rolland :
Julie Gayet
Marc Vandal : Jean-Nicolas Verreault
Colette : Geneviève Bujold
Michel : Norman Helms
Simon Deslandes : Vincent Bilodeau
L’éditeur : Gabriel Arcand
Hanspeter : Jean-Pierre Ronfard
L’amant : Hiro Kanagawa
Réal : Luc Proulx
Camille Ji-Yan Séguin
L’AVIS DE LA PRESSE :
Studio Magazine :
" Malgré le sans faute de ses actrices principales – Pascale Brussières, magnifique de sensualité et de froideur – cette confuse Turbulence des Fluides ne prend, hélas, jamais son envol"
T.C. (article entier disponible dans Studio Magazine n°184, page 48)
Première :
" Manon Briand a beaul lécher ses plans, très propres sur eux et faire resurgir Geneviève Bujold en ex-nonne devenue serveuse de bar, elle peine à créer l'atmosphère moite et étrange que son scénario donne à entrevoir. Ni bon, ni mauvais, son film, trop fluide et pas assez turbulent, ne laisse qu'un goût d'inabouti "
N.S. (article entier disponible dans
Première n°310, page 56)