La Vie promise

    en DVD le 02 Avril 2003
La Vie promise
Un road-movie trop ''codé'' pour un spectateur dont on dirige les émotions
Titre original : THE PROMISED LIFE
Genre : Drame - Duree : 93 mn
Distributeur : Le Studio Canal + - Editeur DVD : Le Studio Canal +
Sortie à la Vente en DVD le 02 Avril 2003
Sortie à la Location en DVD le 05 Mars 2003
Sortie en salles le 04 Septembre 2002
Année de production : 2002

Résumé du film La Vie promise

Un film d'Olivier Dahan, avec Isabelle Huppert, Maud Forget, Pascal Greggory


SYNOPSIS :

Sylvia une jeune femme, se prostitue à Nice. Elle vit une relation douloureuse avec sa fille, Laurence. Forcées toutes deux de prendre la fuite, elles se lancent dans une cavale, essayant d’aller retrouver le premier mari de Sylvia dont elle a eu un fils. Leur route croise celle de Joshua, un homme en liberté provisoire qui a fait le choix de ne pas retourner en prison.


L’AVIS DE LA REDACTION :

Sylvia une prostituée est obligée de quitter Nice avec sa fille Laurence, après une altercation avec ses proxénètes. Elles partent alors à la recherche de son ancien mari et sur leur parcours, elles rencontrent Joshua, encore plus à la dérive qu’elles.
Olivier Dahan aborde ici un sujet plus délicat que dans son film précédent, le magnifique Petit Poucet mais y reprend le thème majeur de l’abandon.

« J’ai tout oublié », c’est la seule certitude qu’ait Sylvia, pour qui la vie n’est qu’un malaise répété et qui n’a jamais pu faire semblant ou s’adapter à une vie dîte « classique».
Un film émouvant par son côté onirique qui intensifie ce destin de femme. Mais qui est toutefois entaché par des procédés trop évidents pour guider le spectateur : le côté acidulé de Sylvia qui oscille entre pute et gamine, entre robe rose et nounours, pour nous suggérer son état mental toujours « à la limite ».
L’intérêt du film est la démarche du réalisateur à ne pas refaire un parcours initiatique, parsemé d’embûches déjà trop vu au cinéma mais plutôt de montrer le chemin inverse peu évident pour une femme de retour en arrière pour comprendre, sans remords ni obligation de tout arranger. Il nous épargne d’ailleurs un happy-end sirupeux.
Isabelle Huppert habite son personnage mais n’arrive pas à faire oublier un scénario toujours trop codifié. Autre petite déception, pour les inconditionnels de Pascal Grégory, qui reste ici presque fantomatique, et dont le rôle ténébreux de « père de substitution » aurait mérité d’être plus étoffé.
Olivier Dahan a voulu faire de ce film un moment intense, sans misérabilisme, ni jugement. C’est simplement l’errance d’une femme ni coupable, ni victime, seulement un être profondément blessé et seul, qui n’a pu épargner les siens malgré sa volonté d’être « normale ».

Claire Salères


NOTES DU REALISATEUR Olivier Dahan :

Le genre de LA VIE PROMISE…

"J’ai voulu faire un film différent, et en même temps, j’ai le sentiment de tourner autour de la même thématique de l’abandon, avec un point de vue spécifique pour chacun de mes films. DÉJÀ MORT est un film d’ado dans le sens romantique, extrémiste, lyrique. LE PETIT POUCET est ancré dans l’enfance. Dans LA VIE PROMISE, ce thème est abordé du point de vue d’une adulte. L’idée de départ d’un film est avant tout motivée par le besoin de parler de thèmes précis, ensuite, je cherche quel type d’histoire, et quel type de personnages vont me permettre de faire passer toute une gamme d’émotions autour du sujet."

La scénariste Agnès Fustier-Dahan, pour un portrait de femme

"Une scénariste a peut-être une sensibilité plus acerbe pour dépeindre les états d’âme d’une héroïne, mais je m’intéresse avant tout à la qualité de la personne qui écrit ,à son travail. Je me moque de savoir si c’est un homme ou une femme."

Le personnage de Sylvia

"C’est une femme confrontée à deux reprises à ce thème de l’abandon. En même temps, je n’avais pas envie de faire un film sur une femme abandonnante. Je ne voulais pas que la psychologie du personnage l’emporte sur le film, il devait être bien dessiné mais pas anecdotique. J’imaginais un portrait de femme plus large, avec des sentiments divers. Au départ d’un film, l’histoire et les personnages sont secondaires, ce sont d’abord des émotions que je veux faire passer. Par contre, la scénariste travaille les personnages en profondeur :elle va développer tous leurs aspects, même ce qui restera hors champ au final, mais qu’il est pourtant fondamental d’avoir lors de l’écriture."


NOTE D’Isabelle Huppert :

"Sylvia est un personnage musical, une sorte de “lonesome cow-girl ”.
Elle renvoie à un imaginaire et à une thématique récurrente dans la musique rock des années 60 à 80 :la rébellion, une incapacité à s’ancrer dans une normalité, une quotidienneté, le voyage, la fuite en avant, le goût de l’ailleurs, la quête de soi.
Debbie Harry (“Blondie “) dont je porte un tee-shirt à son effigie est l ’héritière de Janis Joplin, et Sylvia est l’héritière de tout cela. Le film est porteur des rêves et des blessures qu ’a pu avoir une génération pour une autre vie, un autre monde, meilleur.

Olivier Dahan a filmé une France américaine. Les décors, les néons des motels, les silos, les champs, les paysages de montagnes … Il y a, dans LA VIE PROMISE, un sens de la nature et des grands espaces, et au milieu de cela, le monde de Sylvia, sa solitude, son errance, qui font corps avec le monde.
Je ressentais physiquement le cadrage quand je tournais, je le voyais tel qu’il serait dans le film. Cette faculté de pouvoir prendre un bout de ciel, un champ de lavande, une barrière avec un cheval, de les isoler et puis d ’aller chercher des plans sur les jambes, sur les mains, de s’attarder sur un regard, tout cela tout d ’un coup prend une dimension incroyablement poétique…

C’est le monde d’Olivier Dahan.
Il y a des éléments à la fois très forts et très visuels dans le film. Il y a l’eau, comme un fleuve de mémoire, une eau qui court et qui charrie des souvenirs. Il y a la force des couleurs, la jupe turquoise, le petit pull rose bonbon, tout ce chromatisme crée du romanesque.
Le film prend alors la forme archaïque du conte comme une distorsion de la réalité. Dans le film il y a le désir d’enfant et le désir d’y échapper, comme une réalité qu’on ne pourrait pas supporter. Il y a l’idée qu’on ne sera jamais assez bien pour ses enfants. Et j’imagine que Sylvia succombe à la tentation de fuir devant sa propre impuissance. Elle veut grandir mais d’une autre manière. Alors, poussée par le destin, elle revient à l ’envers de sa vie, elle revient vers l ’autre enfant, elle revient de plus en plus vers sa propre enfance. Une enfance qui la hante. A la fin, la vie a circulé. Sylvia a entendu la quête d’amour de sa fille. Elle a également croisé la route d’un alter ego, celui dont on devine la fêlure, comme un écho salvateur à sa propre blessure. Ils se sont reconnus.

On peut, au bout de la route, entrevoir une famille recomposée avec un homme, une enfant, une femme,(quelque chose qui ressemblerait à du bonheur),et une douleur qui ne sera pas réparée, l’abandon d’un enfant.
C’est un voyage initiatique …
C’est la vie promise."



FICHE ARTISTIQUE :

Sylvia : Isabelle Huppert
Joshua : Pascal Greggory
Laurence : Maud Forget
Piotr : André MARCON
Sandra : Fabienne Babe


FICHE TECHNIQUE :

Réalisation : Olivier Dahan
Scénario : Agnès FUSTIER-DAHAN
Image : Alex LAMARQUE
Décors : Marco BARDOCHAN
Costumes : Gigi Lepage
Montage : Richard Marizy
Son : Antoine DEFLANDRE ; Pascal VILLARD & Jérôme Wiciak
Mixage : Jean-paul Hurier & Marc DOISNE
1er Assistant mise en scène : Mathias HONORÉ
Directrice de Production : Catherine LAPOUJADE
Régisseur Général :Thierry MAGNIEZ
Scripte : Christine FERRER
Photographe de plateau : Jean-Claude LOTHER
Producteur Associé : Jean-Pierre DIONNET
Produit par : Eric NÉVÉ
Une coproduction : LA CHAUVE-SOURIS,STUDIOCANAL, BAC FILMS,FRANCE 2 CINÉMA, RHÔNE-ALPES CINÉMA,SFP CINÉMA et DES FILMS
Avec la participation de CANAL+


L’AVIS DE LA PRESSE :

Chronic’art :
" Poses affectées, dialogues faussement énigmatiques, musique pompeuse sont censés souligner l’errance psychologique de personnages torturés "en quête d’eux-mêmes" -soit un sujet bateau qui peut vite virer à l’impasse pour peu que la mise en scène ne colle pas aux ambitions du projet."
Elysabeth François (article entier disponible sur le site de Chronic’art)


CinéLive:
" Si on peut faire assez rapidement le tour de ces personnages à la consistance un peu fantômatique, c'est qu'Olivier Dahan met toute son ardeur de cinéaste ailleurs : dans le soin de sa forme où il se révèle virtuose."
Emmanuel Cirodde (article entier disponible dans Cinélive n°60, page 66)

Studio Magazine :
"Dahan signe un conte moderne, grave et sensible où l'espoir reste permis. La vie promise s'ouvre et se clôt d'ailleurs sur des gros plans de fleurs, preuve de l'épanouissement du cinéaste qui, comme ses héros, semble avoir trouvé une forme de grâce et de sérénité. "
Thomas Baurez (article entier disponible dans Studio Magazine n°181, page15)

Télérama :
" Proche de La Repentie, de Laetitia Masson, La Vie promise témoigne d'un désir de filmer une grande comédienne en liberté, dans une série de variations autour de la dérive, mais sans aller au bout de ce projet, et en lui préférant finalement une construction artificielle et "rédemptrice" qui ne profite à personne."
Louis Guichard (article entier disponible sur le site de Télérama)

1 vidéo : La Vie promise

Les avis sur le film La Vie promise

 
 

    Caractéristiques du DVD

    Image : DVD 9 - 16/9 compatible 4/3 – Format 2.35
    Son : Dolby Digital 5.1 et Stéréo 2.0 Français
    Sous-titres : Français

    Bonus :
    - Commentaire audio d’Isabelle Huppert et Olivier Dahan
    - Interview d’Olivier Dahan
    - Film annonce
    - Galerie photos
    - Filmographies



    NOTRE AVIS :

    Le DVD de LA VIE PROMISE est à la hauteur du troisième long métrage d'Olivier Dahan. Un menu principal sobre avec un sommaire basique sur fond de coquelicots, nous fait d'ores et déjà entrer dans l'univers simple et intimiste du film. LA VIE PROMISE est fait comme un tableau impressionniste, où le paysage est un personnage à part entière. Le DVD se devait de rendre une image d'une couleur impeccable, ce qui est tout à fait réussi. L'évasion est totale, au rythme de celle des trois protagonistes, dans les magnifiques champs ensoleillés. Les jeux de couleurs primaires et complémentaires surprennent le spectateur dès les premiers instants tant la luminosité est parfaite, les scènes sombres du début du film se laissent regarder sans effort pour en distinguer les éléments.
    Côté bonus, le DVD nous gâte : pas moins de huit nous attendent après le film. Les commentaires de Richard Marizy sur les scènes coupées au montage apparaissent intéressants, mais deviennent vite répétitifs et lassants. Le court métrage COQUELICOTS est une belle réussite du réalisateur. Petit film formé par les flash back de Silvia, il a la chance d'être très bien monté et apporte un petit complément au long métrage sur la vie de Silvia. La banale interview du réalisateur aurait pu être évitée puisque Olivier Dahan n'est pas du genre à s'étendre sur ses films et préfère laisser le spectateur libre de son interprétation. Le meilleur bonus de ce DVD est sans doute le diaporama, une série de photos à l'image du long métrage, où toute la splendeur impressionniste, les couleurs et la luminosité du film ont été habilement captées. Le boîtier contient aussi un CD audio et nous offre la possibilité d'écouter en boucle cinq des plus belles musiques du film, un petit plus très appréciable.

    Sophie Orsoni

    Notes Techniques

    SonImagePackagingMenuBonus
    4/55/53/53/53/5
     

    Critiques

    Moyenne :  étoiles
    Comme au Cinema 2 étoiles

    Voir en détail

    Avis des Spectateurs

    Moyenne :  étoiles
    35 avis 4 étoiles
    25 avis 3 étoiles
    28 avis 2 étoiles
    21 avis 1 étoiles

    Casting : La Vie promise

      Réalisation
    Realisateur
      Scénario
    Scenariste
      Acteurs
    Femme Hameau
    Acteur
    Acteur
    Acteur
    Laurence
    Acteur
    Georges