Le petit prince Sottise et ses parents vivent au château Froussard. Un château qui fait la fierté de la Reine car il est hanté par une famille de fantômes. Une famille tout à fait normale : mariés, deux enfants. Labolina, la petite sœur qui s’amuse à dire son nom et imiter les bruits qu’elle entend, et Laban, l’aîné, un fantôme qui a peur du noir. Ça ferait presque une blague Carambar genre « Quel est le comble pour untel ? ».
Laban est un personnage très connu des enfants, de leurs parents et même de leurs grands-parents en Suède et en Norvège. Ces livres (une centaine ont été écrits et illustrés) sont de véritables best-sellers dans ces deux pays où ils se sont écoulés à plus d’un million d’exemplaires. C’est un peu le Petit Ours Brun suédois.
Comme tout succès littéraire, il se devait d’être adapté au cinéma. Je ne sais pas si les puristes de l’œuvre originale, destinée aux enfants de 1 (!) à 10 (!!!) ans, se sentiront trahis par cette adaptation mais en tout cas
tout est là pour en faire un nouvel étendard de l’animation pour les très petits.
Et c’est là le problème du film : il n’est vraiment destiné qu’aux plus petits. Aucun second degré, pas un trait d’humour à double sens, aucun risque n’est pris, les enfants ne deviendront pas des fous sanguinaires et ne dévieront pas du droit chemin à cause de
Laban, le petit fantôme.
Au contraire, Laban se propose de rassurer les petits qui se poseraient déjà des questions existentielles en rassurant sur le fait qu’ils ont le temps de devenir comme leur père, qu’affronter ses peurs n’est pas si dur que ça en l’air, qu’il faut apprendre à faire la part entre fiction et réalité et toutes sortes de choses attenantes à l’univers enfantin. Voilà pourquoi les adultes risquent de trouver ces trois, très longs, quarts d’heure, rendus un peu moins digestes par le fait que le film est composé de six petites histoires consacrées à Laban.
En revanche, pas d’inquiétude,
les petits ne seront pas déçus, ça ressemble comme deux gouttes d’eau aux dessins animés qui inondent les chaînes de télé : c’est juste assez laid et niais pour qu’ils passent un très bon moment et qu’ils en redemandent. Ça tombe bien, trois autres films constitués de six petites histoires suivront celui-là.
Ça donne envie d’être parent et d’être obligé d’emmener sa progéniture voir ça…
Nicolas Laquerrière