J’ai tout ce que je veux… et maintenant je fais quoi ?
Héros télévisuel de la série
Scrubs,
Zach Braff est devenu l’icône de toute une génération
indie grâce à sa première réalisation éclatante de mélancolie :
Garden State, fable sur les errances de la nouvelle génération d’adultes paumés. Avec une telle entrée dans la cour des grands – et une telle popularité – il n’est donc pas surprenant de voir le petiot drôlement surveillé pour la sortie de son nouveau film.
Michael a un boulot sûr, une maison en banlieue, une petite amie géniale… et trente ans. Bien qu’inspiré du film
Juste Un Baiser de l’italien Gabriele Muccino,
Last Kiss de
Tony Goldwyn pourrait être une sorte de suite au
Garden State de notre cher Zach : après avoir cherché sa vie, sa voie, son héros ne serait plus très sûr d’en vouloir.
Mais la comparaison, pourtant aisée et flatteuse pourrait se révéler à double tranchant. Laissons-la donc de côté et offrons sa chance au film de Goldwyn. Mine de rien, il le mérite car, si la crise de la trentaine et la comédie romantique sont des sujets universels et porteurs au cinéma, ils sont également des plus casse-gueule car battus et rebattus.
En toute honnêteté, Goldwyn ne parvient pas à éviter certains clichés et facilités. Cependant, il arrive à finement poser LE doute fondamental de toute une génération – « Et après ? » - et réussit à peindre, sans pathos gratuit (et sur une excellente bande-son), la pire – mais la plus banale – des situations : Comment, alors qu’on a tout, foutre sa vie en l’air pour un caprice ou un doute. Si on regrette tout de même le manque d’épaisseur de certains personnages,
Last Kiss a le mérite d’offrir une palette de sentiments bien plus réalistes que la plupart des comédies US classiques. Entre peur, fuite, mensonges, culpabilité, etc. ces fêlures trouveront un écho même parmi les plus réfractaires d’entre nous. C’est déjà pas mal…
Eléonore Guerra