Un documentaire de
Julie Gavras
L'école élémentaire Jean Jaurès de Décines dans la banlieue Est de Lyon n'est pas une école "pilote". Quelques instituteurs ont découvert qu'ils partageaient la même passion pour le cinéma.
Ils ont donc décidé de profiter de toutes les activités proposées par l'éducation nationale autour de ce sujet et de participer, avec leurs élèves, au festival de courts-métrages de Décines.
Ainsi, les vingt-cinq enfants et l'instituteur de la classe de CM1a vont s'amuser pendant une année à mélanger travail scolaire et cinéma.
L'AVIS DE LA REDACTION
Le premier plan du documentaire de
Julie Gavras déroute le spectateur : habitué aux fictions sur grand écran, il est surpris de découvrir une image mal cadrée où la camera vacille, où le son épuré habituel laisse place à un brouhaha : ici, l'image est réelle tout comme le sujet.
Quelques minutes après la phase d'adaptation, on se retrouve projeté dans une salle de classe de CM1 un peu différente des autres. Dans l'école Jean Jaurès de Décines, le cinéma est le point de départ de l'apprentissage scolaire et de l'ouverture d'esprit.
Les enfants se rendent plusieurs fois dans l'année au cinéma pour découvrir aussi bien des films anciens en noir et blanc, que des courts-métrages de jeunes réalisateurs. Pour certains d'entre eux c'est la première fois qu'ils se rendent dans une salle de cinéma, pour d'autres, cinéphiles en herbe, c'est l'occasion d'ajouter une œuvre à leur jeune culture cinématographique.
Ces projections font l'objet de sujets pour des rédactions dont le but est d'éveiller l'imagination (déjà très fertile). Parfois, les enfants rencontrent le réalisateur du film et tentent de formuler des questions réfléchies, ou donnent tout simplement des conseils!
Par la suite des débats sont organisés en classe. C'est l'occasion pour le spectateur d'écouter patiemment les enfants s'exprimer de façon maladroite : les mots leur manquent mais l'idée générale, et éventuellement la critique, sont souvent pertinentes.
En milieu d'année scolaire arrive la pratique : les enfants touchent à la caméra et réalisent un court métrage.
Toujours enthousiastes et plein d'idées, ils travaillent en équipe à un projet commun : celui d'Apprendre (à rechercher des informations dans les livres, à utiliser la grammaire, la conjugaison, l'expression…) grâce au support "cinéma". L'avenir, avec des initiatives comme celle-là, paraît très prometteur!
Céline Sallès.
L’AVIS DE LA PRESSE :
Studio :
" Il est magique de voir des enfants de 9-10 ans disséquer le magicien d'Oz et le voleur de bicyclette. Et encore plus de les voir filmer leur propre court-métrage"
(article entier disponible dans Studio Magasine n°174, page 44)
Première :
"Le cinéma peut devenir un outil d'apprentissage. Voire une matière d'éveil."
(article entier disponible dans
Première) n°299, page 25)
Télérama :
"Julie Gavras réalise un bon docu sur une classe d'apprentis cinéphiles."
(article entier disponible sur le site de
Télérama)
NOTE DE LA REALISATRICE
"A la fin mars 1998, je me suis rendue pour la première fois à Décines. J'étais invitée dans le cadre du festival Atout-Court organisé par le lycée Charlie Chaplin, mon court-métrage ayant été sélectionné.
Chaque jour nous avons vu quatre classes différentes. Mais la plus belle rencontre d'entre toutes a été celle avec les classes de cours élémentaires et moyens de l'école primaire Jean Jaurès. Avec les adolescents et les étudiants nos références culturelles sont encore sensiblement les mêmes, notre langage est similaire. Mais, avec les jeunes enfants, c'est différent et parfois même déroutant. C'était un regard neuf qui s'offrait à nous.
En discutant avec les instituteurs, j'ai découvert qu'en plus de leur participation au festival Atout-Court, les enfants suivaient tout un programme de cinéma, d'étude de l'image, conséquent et varié.
De là est née l'idée de suivre, tout au long d'une année scolaire, une classe d'école primaire, de Cours Moyen (CM) plus précisément.
J'avais évidemment envie de me dire que ces programmes allaient créer des spectateurs avertis, changer leurs habitudes télévisuelles, en faire des spectateurs de demain qui sauveraient bientôt le cinéma de qualité. Mais ce sont des enfants de dix ans et l'école ne peut lutter contre Disney ou les Pokémons. (...)
Ce que j'ai découvert en fait, c'est le véritable rôle de l'école : provoquer, faire découvrir, éveiller l'intérêt, aider les enfants à s'exprimer. Et en cela, le cinéma s'est avéré être un formidable outil. Le cinéma à l'école n'est pas seulement enseigné pour lui-même, mais il est surtout au service de l'apprentissage d'autres choses.
C'est un "moyen d'accroche" pour retourner à l'écrit, à la lecture, à l'expression, pour donner aux enfants l'envie d'être curieux.
FICHE ARTISTIQUE
L'intituteur : François Minadakis
Les enfants :
Angélique Aimo-Boot
Dan Belmonte
Jonathan Bernard
Chloé Billet
Ludovic Blanchoud
Layla Chaour
Mathieu Colomb
Angélique Colonel
David Crozy
Alexandre Elkeletian
Marie Gonindard
Thomas Kogoghlian
Xavier Laget
Aurélien Mangonaux
Carole Milan
Oukasha Nair
Jefferson Nassin-Sebiro
Déborah Neri
Jonathan Rodrigues
Céline Saccomani
Farès Sedjal
Christelle Seitier
Pauline Sy
Roxane Zazoui
Sabrina Zerari
Eddy Zoffranieri
FICHE TECHNIQUE
Réalisation :
Julie Gavras
Son : Philippe Mouisset
Caméra :
Julie Gavras
Montage : Stephan Richter
Montage son : Hélène de la Morinerie
Chef opérateur post production : Thomas Bataille
Mixage : Jean-Baptiste Marizy
Direction de production : Angeliki arvanitis
Régie : Yorgos Lamprinos