Le Crime du père Amaro

    en DVD le 03 Novembre 2003
Un film juste et réaliste sur les dérives du catholicisme..
Un film de , avec , , , , Luisa Huertas
Genre : Drame - Duree : 1H59 mn
Editeur DVD : GCTHV
Sortie à la Vente en DVD le 03 Novembre 2003
Sortie à la Location en DVD le 05 Novembre 2003
Sortie en salles le 30 Avril 2003
Avis spectateurs : 3 étoiles 2.81 / 5 (120 notes)

Résumé de Le Crime du père Amaro

Titre original : EL CRIMEN DEL PADRE AMARO

Un film de , avec , , , , Luisa Huertas


SYNOPSIS :

"Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre."
Jeune idéaliste, Amaro se sent une vocation d’homme d’Eglise. Poussé par son amitié avec l’évêque, il entre au séminaire de Los Reyes, où il étudie sous la direction du père Benito.
Amaro fait peu après la connaissance d’Amélia, une charmante jeune fille pure et très croyante. Unis par une même foi, les deux jeunes gens se rapprochent de plus en plus. Pourtant, quels que soient leurs sentiments, Amaro a fait vœu de célibat.
La tentation est grande et leur destin riche d'épreuves. Amélia et Amaro vont découvrir ce qui, du reniement ou de l’absence d’amour, constitue vraiment un enfer…


L'AVIS DE LA REDACTION :

a choisi d’adapter au cinéma le roman de José Maria Eça, écrit en 1875, "El Crimen del Padre Amaro", en situant l’action de nos jours. Il réussit alors un film juste, réaliste, traitant d’un sujet intemporel. Ainsi, les dérives du catholicisme ont été remises au goût du jour, à travers, par exemple, le père Benito qui se livre au blanchiment de l’argent sale des cartels de la drogue.
Avec deux thèmes forts, le célibat du prêtre et les dangers du fanatisme religieux, le film aborde le mysticisme catholique, déjà beaucoup traité dans la littérature et au cinéma, notamment par Luis Bunuel. Sans porter de jugement sur ces sujets, le réalisateur nous propose une vision moderne du problème. Bien que située au Mexique, l’action du film livre beaucoup de réponses aux difficultés rencontrées par l’Eglise en France, comme celles pour recruter des jeunes prêtres.
Chaque personnage a sa propre caractéristique et aborde, à travers lui, un problème bien précis. On retrouve ainsi les relations entre l’Eglise et le pouvoir avec le maire et l’évêque ; le célibat du prêtre avec le père Amaro et Amélia ; l’argent de l’Eglise avec le Père Benito et le chef du cartel local de drogue.
Si le film réussi fort bien à faire passer son message sur l’Eglise, il est également porteur de beaucoup d’émotion, et ce par la seule force de ses acteurs, notamment l’excellent , déjà remarqué dans AMOURS CHIENNES. Le réalisateur allie donc avec justesse son message sur l’influence et les dérives du catholicisme et une belle histoire d’ambition et d’amour.

Amélie Chauvet


LE CRIME DU PERE AMARO : Présentation par le réalisateur, :

"C’est en 1875 que José Maria Eça de Queiroz écrivit son roman, "El Crimen del Padre Amaro", au Portugal.
Plus d'un siècle après, de nos jours, dans certaines villes du Mexique, on constate finalement peu de changements par rapport à ce qui est décrit dans le livre. Malgré les conciles, les conférences épiscopales et les encycliques, les œuvres de l’Eglise n’ont pas toujours été au service des fidèles.
L’une des exigences imposées aux ministres du culte est le célibat. Immuable comme peu d’autres préceptes, c’est une loi à laquelle il est très difficile de se plier pour la nature humaine. Et l’acte d’ordination ne délivre pas un homme de ses pulsions. Les prêtres sont des hommes faillibles, qui ont des besoins comme les autres.
Les histoires traitant du célibat ont inspiré bien des récits dans la littérature, le cinéma et l’imagination populaire. La confrontation du désir aux règles de l’ordre moral conduit souvent à un puissant conflit dramatique.
Dans LE CRIME DU PERE AMARO, deux relations écartèlent les individus : celle du père Amaro et d'Amélia d’une part, et de l'autre celle de l’Eglise et du pouvoir.
Bien que parfois, les prêtres libéraux aient pu obtenir de réelles améliorations quant à leurs conditions de vie, certains membres extrêmement conservateurs et influents de l’Eglise ont activement défendu les seuls intérêts du pouvoir.
Il faut ajouter à cela les connexions avérées entre certains groupes au sein de l’Eglise et la corruption ou le trafic de drogue international…
LE CRIME DU PERE AMARO est l’histoire d’une âme bonne, d’un jeune homme aux intentions pures, d’un homme de foi, qui se trouve peu à peu corrompu et en vient à trahir son idéal. Confrontées à la promesse d’une meilleure position au sein de l’Eglise, sa générosité et sa grandeur d’âme sont transformées en pur égoïsme et en amertume.
Le père Amaro incarne les passions contradictoires. Il est mû par le désir de remplir les devoirs de l’Eglise envers les plus nécessiteux, mais il ne veut pas désobéir aux ordres du diocèse. Son désir le conduit finalement à se trahir lui-même.
Le père Benito accepte l’aumône de trafiquants de drogue, s’associant ainsi au blanchiment de leur argent, mais il utilise l’argent pour les bonnes œuvres et pense bien agir. Il aime Sanjuanara, mais il répugne à briser son vœu de chasteté.
Le père Natalio sait que son premier devoir est envers ses paroissiens, avant même ses obligations envers les autorités ecclésiastiques. Il est peut-être le personnage qui a les motivations les plus claires, au milieu de toute cette corruption.
Amélia est une victime de la confusion entretenue entre le divin et l’amour charnel, encouragée par le mysticisme catholique.
Dionisia vit sa folie à travers sa religion, ce qui paradoxalement, lui donne une certaine emprise sur la réalité.
LE CRIME DU PERE AMARO m’intéresse pour l'image riche et complexe qu'il offre de l'humanité. Rien n’est noir, rien n'est blanc, la vie se joue entre les deux et chacun profite et paye selon ce qu'il est. Il ne s’agit pas simplement d’un jeu entre les forces du bien et du mal, mais d’une vision générale des liens qui unissent les êtres humains les uns aux autres."


NOTES :

Dans LE CRIME DU PERE AMARO, le désir, l’orgueil, le fanatisme et l’abus de pouvoir se mêlent et s’opposent à la compassion, l’amour, la quête de soi et toutes les émotions qui font de nous des humains.

Le film est adapté du roman écrit en 1875 par le Portugais José Maria Eça de Queiroz, considéré comme l’un des meilleurs romanciers de son pays. Son œuvre, parue en France sous le titre " Le Crime du Padre Amaro ", traite des effets destructeurs du célibat sur un prêtre et des dangers du fanatisme. Le roman a été librement transposé à notre époque par le célèbre écrivain et scénariste Vicente Leñero. Celui-ci a situé l’action dans la ville de Los Reyes, dans la province d'Aldama au Mexique, et en l’an 2002, mais l’histoire aurait aussi bien pu se dérouler dans n’importe quel endroit du monde…

Le père Amaro tente, comme beaucoup d'humains, de rester fidèle à ses idéaux en résistant aux tentations. En fait, chacun des personnages de ce film affronte ses propres dilemmes. L’éducation catholique des personnages évoque à chaque pas la perspective de l’enfer, mais comme le dit le vieil évêque, " Là où il y a abondance de péché, il y a surabondance de pardon… "

C’est grâce à la persévérance du producteur Alfredo Ripstein, qui désirait porter l’histoire à l’écran depuis les années 70, que le film a finalement pu voir le jour. Le tournage a duré six semaines et demie, de novembre à fin décembre 2001. Les prises de vues se sont déroulées dans la ville de Mexico, notamment dans le quartier de Guerrero, dans l’Etat de Veracruz à Xalapa, Xico et Coatepec, et au Mexique à Tetlaztoc. Sur chaque lieu de tournage, des hordes de fans sont venus voir Gael García Bernal, jeune star du cinéma hispanophone.

C’est en lisant la " Théologie de la Libération " et Saint Thomas d’Aquin que Gael García Bernal a préparé son rôle. Il confie : "Pour la première fois, je n’avais pas à parler comme un jeune Mexicain urbain, mais comme un prêtre de l’Altos de Jalisco. Amaro est un prêtre progressiste. C’est un rôle intense ; les visions d’amour et de justice du prêtre se heurtent les unes aux autres."

Gael devait à l’origine avoir pour partenaire le célèbre acteur espagnol Paco Rabaldo dans le rôle du père Benito, mais à la suite du décès de celui-ci en septembre 2001, c’est un autre acteur espagnol, , considéré comme le " petit frère " de Paco Rabal, qui a interprété ce personnage.
a voulu pour son film une musique " qui apporte des choses et ne se contente pas d’illustrer des émotions ". Rosino Serrano a composé la musique originale, et les chansons sont signées Pablo Montero, José Guadalupe Esparza et Julio Preciado, entre autres.


FICHE ARTISTIQUE :

Amaro :
Le père Benito :
Amélia :
Sanjuanera :
Dionisia : LUISA HUERTAS
Le père Natalio : DAMIAN ALCAZAR
L’évêque : ERNESTO GOMEZ CRUZ
Le père Mauro : JORGE ZARATE
Le maire : PEDRO ARMENDARIZ
Don Paco : LORENZO DE RODAS


FICHE TECHNIQUE :

Réalisateur :
Scénario et adaptation : VICENTE LENERO
D’après le roman éponyme écrit en 1875 par : JOSÉ MARIA EÇA DE QUEIROZ
Producteurs : ALFREDO RIPSTEIN et DANIEL BIRMAN RIPSTEIN
Coproducteur : JOSÉ MARÍA MORALES
Directeur de la photographie : GUILLERMO GRANILLO
Chef monteur : OSCAR FIGUEROA
Musique originale : ROSINO SERRANO


L'AVIS DE LA PRESSE :

Première :
" (…) Un solide drame contemporain, qui peut être vu autant comme une étude de l'influence de l'Église sur la vie des gens, qu'une fable morale sur l'ambition et la corruption. "
Gérard Delorme (article entier disponible dans Première)

CinéLive:
" Une dénonciation d'abord impeccable, puis un peu passe-partout, des secrets d'alcôve de l'église catholique en Amérique du Sud. "
Xavier Leherpeur (article entier disponible dans Cinélive n°68, page 68)

Libération :
" (…) Adaptation pensum de , manichéenne et sans surprise "
Edouard Waintrop (article entier disponible sur le site de Libération)

Télérama :
" décrit une société hypocrite et corrompue, et, surtout instille peu à peu une réflexion amère sur l’obéissance.
(…) Ce film, qui triompha récemment au Mexique, reste dans la subtile et inquiétante grisaille de l’ambiguité. "

Cécile Mury (article entier disponible sur le site de Télérama)

Bande annonce de Le Crime du père Amaro

Photos de Le Crime du père Amaro (8)

Critiques

Moyenne : 3 étoiles (3 / 4)
Comme au Cinema 3 étoiles

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Avis des Spectateurs

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