Le lac du Loch Ness ondule doucement sur les Highlands écossais, les pintes de bières défilent au pub, tandis que sur le continent européen, la guerre fait rage. Ainsi débute
Le dragon des mers, dans une période troublée, dont on ne verra rien mais où l’on devine quasiment à chaque plan toutes les conséquences.
Jay Russell filme de manière très fine les non-dits d’une guerre invisible, perçus à travers les yeux d’un enfant, Angus, le cadet de la famille MacMorrow.
Des costumes aux décors, les détails sont étudiés très minutieusement pour plonger le spectateur dans cette époque révolue, malheureusement à trop vouloir bien faire, l’univers de
Jay Russell sonne parfois faux. Il manque un petit quelque chose pour que
Le dragon des mers soit visuellement moins froid.
Mais ne nous y trompons pas, nous avons bien affaire ici à un conte malgré cet univers très réaliste. Et heureusement, Crusoe, le dragon aquatique, insuffle une vraie vie au film malgré sa virtualité.
Conçu par Weta Workshop, les studios responsables des effets spéciaux de la trilogie du
Seigneur des anneaux, ainsi que du
Monde De Narnia, on suit avec émerveillement l’évolution de cette petite boule d’écailles jusqu’à ce qu’il devienne, très rapidement, un monstre majestueux, un peu effrayant. Les animateurs ont réussi à rendre ce monstre presque réel à nos yeux, sans que l’on se dise que nous sommes face à une image de synthèse. On regrette alors un peu la simplicité du scénario, qui nous réserve bien peu de surprises dans ses rebondissements.
Avec son très bel univers, et sa relecture du mythe du Monstre du Loch Ness sous un angle original,
Le dragon des mers est un film qui, malgré ses quelques défauts, nous donne l’impression d’entendre un conte que l’on connaît par cœur mais qu’on prend toujours plaisir à écouter.
Marianne Fakinos