Quelques années après son arrivée à la capitale, Antoine retourne dans son patelin du Sud de la France pour remplacer son père – l’épicier du village – durant sa convalescence.
De prime abord, le pitch ne casse pas trois pattes à un canard… On se goinfre déjà l’émission pathétique « Le Bonheur est dans le pré » à la télé, ce n’est pas pour partager pendant 1h30 le quotidien de bouseux… euh campagnards sur grand écran… Et pourtant…
… Pourtant,
Le fils de l’épicier se révèle être une réelle bonne surprise, une petite bouffée d’air frais. Loin des bruits incessants de la grande ville, le réalisateur
Eric Guirado filme avec une grande tendresse le milieu rural, endroit où il a grandi… Et c’est peut-être ça qui fait la différence : il nous offre un tableau aux couleurs chaudes d’un monde touchant. Tout est d’une justesse rare et les petits vieux – drôles ou agaçants – attirent notre sympathie.
Le film est caractérisé par une grande pudeur… A l’image du personnage principal Antoine (
Nicolas Cazalé), gros dur au cœur tendre. Rebelle, il revient dans son village natal après avoir rejeté en bloc la vie que ses parents lui prédestinaient… Un retour aux sources aux allures de parcours initiatique. Antoine est autant maladroit que Claire – interprétée brillamment par la jeune actrice qui monte
Clotilde Hesme - est espiègle et déterminée… Et insuffle un semblant de vie à une bourgade ankylosée.
Morale du film : campagnard ne rime pas avec ringard…
Le fils de l’épicier a le mérite de mettre nos a priori au placard, et nous prouve qu’il n’y a pas que des gros navets qui sortent l’été… Ouf, nous voilà rassurés !
Fanny Cairon