N’y allons pas par quatre chemins. En général on ne s’attend pas à un chef d’œuvre quand au générique d’un film figure le nom de
Christophe Lambert.
Le lièvre de Vatanen ne déroge pas à la règle. Et pourtant, une adaptation du célèbre roman de l’écrivain finlandais Arto Paasilinna pouvait augurer certains espoirs. Car le livre a tout de même été traduit dans 30 langues et s’est vendu, en France, à plus de 150 000 exemplaires. Preuve que l’histoire n’est pas totalement dénuée d’intérêt.
Le scénario centré sur Tom Vatanen, photographe, et un lièvre, a l’air assez simpliste. Et bien oui, il l’est. Tout comme la réalisation, inexistante. Les scènes s’enchaînent comme le défilé des gens aux caisses pendant les courses de Noël. On s’attend parfois à un sursaut d’originalité mais non, rien n’arrive. Certaines séquences pourraient cependant devenir cultes :
Christophe Lambert et son lièvre qui partagent une barre chocolatée Nuts devant un feu de camp ; ou lorsque le lièvre sauve son maître en mordant la patte d’un ours. Désolé mais la magie ne prend pas. Pourtant on avait promis de faire un effort. Cerise sur le gâteau, le rire de l’acteur - environ une dizaine - insupportable.
On peut tout de même retenir quelques points positifs dans le film de
Marc Rivière. Le dressage du lièvre, si parfait que le quadrupède vole - facilement - la vedette à
Christophe Lambert. Les décors, magnifiques mais pas vraiment mis en valeur. Le bout de sein entraperçu de
Julie Gayet. La musique de Goran Bregovic (
Arizona Dream,
Underground). Et la performance de
François Morel en pasteur timbré, qui réveille le spectateur amorphe à la moitié du film.
Le lièvre de Vatanen pourra donc séduire les enfants qui le verront comme un joli conte de Noël. Pour les plus de 5 ans en revanche, il n’y a pas de honte à poser un lapin.
Alain Martino