Vous composez régulièrement la musique des films de Patrice Leconte. Comment travaillez-vous ensemble ?
Avec les années, une connivence s’est instaurée, mais surtout, Patrice me connaît, il me fait confiance. Donc, travailler avec
Patrice Leconte c’est avoir une grande liberté. Par exemple, il ne place jamais de musique temporaire sur ses films pour me montrer ce qu’il souhaite. Et heureusement d’ailleurs, parce qu’à force de monter sur une musique provisoire, le réalisateur finit par avoir beaucoup de mal à la changer et le compositeur risque d’être cantonné à faire du “à la manière de”. Patrice, au contraire, me dit : “Donne moi du Perruchon !” et quand il entend quelque chose qui lui plaît, il le prend et il ne me demande pas de lui faire trois autres versions pour avoir le choix. Il sait reconnaître ce qui colle à son attente. C’est peu fréquent. Patrice est quelqu’un qui aime la musique et qui sait parler au compositeur. Il sait trouver les mots, il sait comment nous motiver. Il sait aussi dire ce qu’il souhaite. Et souvent, déjà dans le scénario, il décri t la musique. Dans “Le Magasin des Suicides”, par exemple, il écrit à un moment : “Et la musique, qui était tonitruante, s’en va sur la pointe des pieds.” Ça, c’est typiquement du Leconte !