Le mariage de Rana, un jour ordinaire à Jérusalem

Le mariage de Rana, un jour ordinaire à Jérusalem
24 heures pour un mariage chronométré..
Un film de Hany Abu-assad, avec Clara Khoury (Rana), Khalifa Natour (Khalil), Ismael Dabbagh (Ramzy).
Titre original : RANA'S WEDDING
Duree : 1H27 mn
Distributeur : Cine Classic
Sortie en salles le 01 Janvier 2003
Année de production : 2001
Présenté à la Semaine de la Critique au Festival de Cannes le 16 Mai 2002

Résumé du film Le mariage de Rana, un jour ordinaire à Jérusalem

Titre original : RANA'S WEDDING OR JERUSALEM, ANOTHER DAY

Un film de Hany Abu-assad, avec Clara Khoury (Rana), Khalifa Natour (Khalil), Ismael Dabbagh (Ramzy).


SYNOPSIS :

Le film suit un jour dans la vie de Rana, une jeune Palestinienne de Jérusalem-Est. Alors qu'elle doit accompagner son père en Egypte, elle se glisse hors de chez elle pour partir à la recherche de celui qu'elle voudrait épouser, Khalil. Son père n'approuve pas son choix et lui a donné une liste de prétendants parmi lesquels elle doit se décider. Pendant qu'elle déambule dans la ville à la recherche de son ami, nous avons un aperçu de la vie à Jérusalem. Finalement, Rana réalise que lorsque l'occupation et les barricades deviennent une réalité quotidienne, l'amour et le mariage ne sont plus que fiction.


L’AVIS DE LA REDACTION :

On se souvient du MARIAGE DES MOUSSONS de Mira Nair, sorti il y a quelques mois. Dans la série des jeunes femmes à marier coûte que coûte, voici désormais Rana, qui fait à son tour figure d’exemple symptomatique de notre époque au Moyen-Orient. Nous sommes loin, cette fois, du folklore et des fastes colorés du cinéma indien, dans une Palestine occupée, où le geste le plus anodin prend une ampleur disproportionnée. Rana n’a rien, paradoxalement, de la jeune fille soumise, qu’on marie à son insu à un prétendant qu’elle n’a pas choisi. Elle est amoureuse de Khalil, metteur en scène de théâtre, et compte bien consommer son amour, avec ou sans le consentement de son père qui, lui, avait d’autres ambitions pour sa fille. Celle, notamment, de l’emmener avec lui dans son exil en Egypte, le quotidien en Palestine étant devenu invivable…
Affaire conclue dans l’urgence, le mariage de Rana devient alors une course contre la montre. Le départ du père étant imminent, la jeune fille a 24 heures devant elle pour convoler en justes noces, faute de quoi elle ne pourra rester à Jérusalem. 24 heures pour retrouver l’élu de son cœur, cloîtré dans un théâtre, pour cause de bombardements israéliens, 24 heures durant lesquelles elle va devoir affronter et surmonter tous les obstacles qui s’érigent sur son parcours, des jets de pierres des enfants de l’Intifada, jusqu’aux barrages militaires du check-point de Ramallah. 24 heures pour rassembler une famille désunie, dénicher un fonctionnaire habilité à valider le mariage, convaincre les uns et les autres du bien-fondé de sa démarche… Une mission quasi-impossible, au suspense haletant, qui se termine finalement de la façon la plus saugrenue (mais néanmoins heureuse).
Le réalisateur Hany Abu-assad prend part à cette mise à l’épreuve, lutte ubuesque entre fiction et réalité, " dans un pays où, dit-il, ce qui est normal semble absurde, et où l’absurdité est la norme ". LE MARIAGE DE RANA s’inscrit dans le prolongement de la réflexion initiée par Elia Suleiman dans INTERVENTION DIVINE (Hany Abu-Assad était d’ailleurs le producteur exécutif de CHRONIQUE D’UNE DISPARITION, son précédent long-métrage, d’où une parenté cinématographique évidente). Un film pour compatir, une fois encore, mais sans effets larmoyants, sur le sort des Palestiniens, prisonniers des blocages géopolitiques d’un pays qui n’est toujours pas le leur…

Laurence Berger


NOTES

Le réalisateur
"Lorsque l'aberration des barrages et de l'occupation deviennent une réalité quotidienne, de simples concepts tels que l'amour et le mariage deviennent fiction. C'est la réalité de la vie en Palestine aujourd'hui, et je voulais la mettre à l'épreuve par le biais du cinéma.
Dans un film, on essaye souvent de dompter la réalité pour créer la fiction, adapter les lieux et la temporalité à son désir. Mais le réel ne se laisse pas faire, surtout en Palestine. Dans ce film, il m'a semblé que le réel s'imposait à moi. Une lutte s'est alors engagée entre réalité et fiction, dans un pays où ce qui est normal semble absurde, et où l'absurdité est la norme. J'ai compris que je ne devais pas tricher dans ce combat, mais rester honnête pour le remporter. Je suis convaincu que lorsqu'on affronte sincèrement ses peurs, sa créativité, ses limites et celle de son environnement, alors l'instinct et la spontanéité ne nous laissent pas tomber. Bien qu'il n'y ait pas de gagnant, plonger dans cette bataille confuse s'est révélé une expérience extraordinaire.
Vivre un jour de la vie d'une jeune palestinienne s'est transformé en une quête de réalité, de fiction, de beauté et de consolation, de passion, d'obsession, de confusion et d'honnêteté dans cet océan de choix et de compromis qu'est un film…et la vie.
Je suis encore ému par le film. Je pleure, même après l'avoir vu une centaine de fois."


Le tournage
Il a eu lieu du 19 octobre au 27 novembre 2001, à Jérusalem-Est et Ramallah, avec une équipe mixte néerlando-palestinienne. C'est à quelques centaines de mètres de l'hôtel de l'équipe que le Ministre Israélien Ze'evi a été abattu. Quelques jours après la fin du tournage, les chars Israéliens ont encerclé plusieurs villes des Territoires Occupés, dont Ramallah. De nombreux endroits et bâtiments utilisés lors du tournage ont été attaqués, bombardés, voire détruits pour certains.
En février 2002 Hany Abu-Hassad, accompagné d'une équipe réduite, est reparti pour filmer quelques scènes additionnelles dans cette zone. Les barrages et checkpoints étaient alors complètement bloqués.


FICHE TECHNIQUE :

Réalisation : Hany Abu-assad
Scénario : Liane Badr, Ihab Lamey
Photo : Brigit Hillenius
Son : Peter Flaman
Montage : Denize Janszee
Musique : Mariecke van der Linden


FICHE ARTISTIQUE :

Clara Khoury : Rana
Khalifa Natour : Khalil
Ismael Dabbag : Ramzy
Walid Abed Elsalam : L'officier de l'état civil
Sami Metwasi : Un ami
Zuher Fahoum : Le père
Georgina Asfour : Mary
Manal Awad : Alia
Nasrim Buqa'i : Samira
Houda Iman : La tante
Bushra Karaman : La grand-mère

1 vidéo : Le mariage de Rana, un jour ordinaire à Jérusalem

Galerie Photos : Le mariage de Rana, un jour ordinaire à Jérusalem

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Les avis sur le film Le mariage de Rana, un jour ordinaire à Jérusalem

 
 
     

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    Casting : Le mariage de Rana, un jour ordinaire à Jérusalem

      Réalisation
    Realisateur
      Acteurs
    Rana
    Khalil