Adaptation du célèbre roman gothique de Matthew G. Lewis, publié en 1796, "Le Moine" raconte le destin tragique de Frère Ambrosio dans l’Espagne catholique du XVIIe siècle. Résumé du film Le MoineAbandonné à la naissance aux portes du couvent des Capucins, Ambrosio est élevé par les frères.
Devenu un prédicateur admiré pour sa ferveur et redouté pour son intransigeance, il se croit à l’abri de toute tentation.
L’arrivée d’un mystérieux novice va ébranler ses certitudes et le mener sur le chemin du péché. Galerie Photos : Le MoineLes avis sur le film Le Moine
Notre critique : Le Moine Le P(r)êcheur-
Comme Au Cinema

On baigne dans une atmosphère lourde parfois pesante accentuée par le relatif isolement du monastère perdu au coeur d'une sierra proche de Madrid. La mise en scène se révèle réussie et parvient ainsi à recréer une ambiance très gothique (avec ses éclairages nocturnes, ses décors en pierre et son cimetière). Bien qu'une apparition surnaturelle se manifeste, on peut regretter qu'il n'y en ait pas plus. Le contraste est très saisissant avec l'intense lumière de la sierra aride, où se déroule quelques scènes, écrasées par la chaleur d'un soleil ardent.
Le rythme lent du début peut s'expliquer par la nécessité d'installer cette atmosphère. Pour y parvenir, le réalisateur s'amuse en n'hésitant pas à perdre le spectateur et entremêle deux intrigues tragiques tout en saupoudrant, au passage, l'ensemble d'une bonne pincée de surnaturel et d'une dose de tous les vices possibles se rattachant à la tentation (débauche, viol, inceste, meurtre). On peut également reprocher au film d'être parfois un peu trop implicite. Et que dire de la fin sinon qu'elle est décevante et beaucoup trop rapide ?
Jean-Emmanuel Keller
Critiques : Le Moine -
Libération

" Vincent Cassel est hallucinant en Ambrosio bressonnien, son charisme et son impétuosité étant comme plaqués au sol par la froide foudre luthérienne de Dominik Moll qui le guide, blême et rampant, vers les gouffres. "
Didier Péron (article entier disponible dans Libération du 13/07/2011)
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Le Nouvel Observateur

" Fantastique et non pas horrifique, c'est ce qui le fonde et établit son originalité, celle d'un auteur qui pense et filme en cinéaste, qualité trop mal partagée dans un paysage français soumis à la dictature du "sujet". "
Pascal Mérigueau (article entier disponible dans Le Nouvel Observateur n°2436, page 104)
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Première

" Dommage que cette fièvre et cette audace du décorum et du casting ne contaminent pas suffisamment le coeur du film, trop sage pour incarner ce poème "
S. L. (article entier disponible dans Première n°413, page 30)
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Studio CinéLive

"Manque de suspens et de sensualité à l’écran. Tout semble monocorde, comme l’homélie d’un prêtre pour un non-catho."
L. D. (article entier disponible dans Studio CinéLive n°28, page 38)
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Le Journal du Dimanche

" On aime le scénario, fidèle à la perversion du récit d'origine, les dialogues ciselés, l'ambiance envoutante due à la photographie qui joue sur les contrastes et la suggestion du surnaturel. "
Stéphanie Belpêche (article entier disponible dans le Journal du Dimanche du 10/07/11)
Caractéristiques du DVDBonus :
- Making Of
- Documentaires Notes Techniques| Son | Image | Packaging | Menu | Bonus |
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| 5/5 | 5/5 | 3/5 | 3/5 | 5/5 |
Test DVD
On retrouve un making-of d'une bonne demi-heure qui revient sur le tournage de certaines scènes où se greffent des interventions de Dominik Moll et Vincent Cassel (on y apprend comment le réalisateur a mis en place son projet et comment Cassel s'est préparé pour épouser son rôle). Originalité, des documents de travail remarquables par leur qualité sont également disponibles, ils font un parallèle très intéressant entre le story-board et le résultat final, et dévoilent des dessins préparatoires qui vont de la représentation du cimetière au plan de la procession en passant par des détails architecturaux de certains décors (gargouilles, la croix...). Jean-Emmanuel Keller Sur le tournage de Moine12 février 2010 - Vincent Cassel a la foi
Ne vous inquiétez pas, Vincent Cassel ne va pas se retirer dans un monastère reculé des Pyrénées. Mais c'est bel et bien en soutane qu'il tournera son prochain film : Moine... Cela va-t-il mettre fin à son sex-appeal ? Vu l'histoire, certainement pas. Car il s'agit là d'une adaptation du célèbre roman gothique de Matthew Lewis... Considéré par beaucoup comme le summum du roman gothique, "Le Moine" fut écrit en 1796, alors que son auteur n'a que 20 ans tout juste... Très subversif dans les thèmes abordés (viol, inceste, magie noire...), écrit d'un style direct et brutal, le livre provoqua un immense scandale... Entretien de Dominik MollLe roman de Lewis est-il pour vous, comme pour beaucoup, une lecture adolescente que vous avez découverte comme un livre défendu?
Non, je ne l’ai pas lu adolescent, mais il y a quatre ou cinq ans. Je connaissais la réputation sulfureuse du roman, je savais qu’il avait fait scandale lors de sa publication en 1796, mais il faut dire que cet aspect scandaleux s’est largement estompé aujourd’hui. Ce n’est d’ailleurs pas ce qui fait l’intérêt premier du livre, dont le contenu paraît aujourd’hui beaucoup plus ludique et moins choquant que par exemple certains romans du Marquis de Sade, qui était contemporain de Lewis. Entretien de Vincent CasselQuand Dominik m’a parlé du Moine, je ne voyais pas comment je pourrais me plonger dans un tel projet, ayant deux tournages devant moi. Mais j’avais vu ses films et je les avais trouvés véritablement passionnants. Je me suis dit que je n’avais jamais joué de religieux. Il m’a semblé évident qu’il fallait que je le fasse. Je n’ai pas toujours de très bonnes raisons de dire oui ou non à un film, c’est une question de désir. Et là, j’avais envie d’y aller. Le Moine, le roman de Matthew Gregory LewisLorsque Le Moine de Matthew Gregory Lewis est publié en Angleterre en mars 1796, il provoque un scandale. La critique bien-pensante se déchaîne, le jugeant blasphématoire et immoral. Coleridge déclare que « tout parent voyant sa fille ou son fils avec ce livre entre les mains a de bonnes raisons de blêmir ». Car un roman est censé instruire. Il se doit de promouvoir la vertu, non le vice. L’histoire d’un Frère Capucin qui cède à ses pulsions sexuelles et commet d’abominables crimes, un livre qui décrit une abbesse criminelle récidiviste et l’apparition sanglante d’une nonne défroquée ne peut que corrompre la jeunesse anglaise. Le spectre de la Révolution française n’est pas loin, et on soupçonne ce genre d’écrits antireligieux de l’avoir fomenté. |
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