Selon la définition du dictionnaire Larousse, le mot curieux est un adjectif qui désigne des personnes désireuses de voir ou de savoir. Clément, 9 ans voudrait désespérément comprendre de quoi est fait le monde des adultes. Munit de son appareil photo numérique, Clément photographie tous les habitants de sa petite ville de Provence et découvre bientôt que le bonheur est une réalité que personne ne peut lui expliquer… Sûrement, parce qu’il est encore trop jeune…
Le réalisateur
Jean Marboeuf nous propose avec LE P’TIT CURIEUX une fable pleine de poésie. Entre humour noir, drame et indiscrétions, ce long-métrage est un véritable régal. Clément a soif de connaissances, mais lorsqu’il pose une question à un adulte, il se retrouve toujours avec davantage d’interrogations qu’à l’origine. Son plus grand ami, le dictionnaire, source pour lui de savoir absolu, n’est pas non plus capable de lui donner de réponses bien précises... Le jeune garçon joue donc les détectives et tente d’élucider les mystères qui se présentent à lui. En filigrane du long-métrage, il y a une histoire de meurtre, un tueur en série s’acharne sur ses victimes toutes féminines et tous les personnages du film semblent coupables…
Jean Marboeuf nous rappelle avec ce film le très réussi
Fenetre Sur Cours d’
Alfred Hitchcock, où un reporter photographe Jeff peut voir sans être vu et se retrouve malencontreusement témoin d’un assassinat.
LE P’TIT CURIEUX est servi par un casting de tout premier ordre. Jean-Claude Dreyffus est exquis en libraire désoeuvré et joue un rôle qui met réellement en valeur son talent.
Alain Bashung est étonnant de justesse en détective crasseux qui tente de bien faire et on a bien sûr remarqué la prestance du jeune
Milan Argaud en petit curieux invétéré. Tous les acteurs sans exception donnent à ce film une profondeur et un éclat saisissant. On regrette cependant le côté burlesque voir virtuel de la dernière séquence. Le fin mot de l’histoire est rempli de tristesse et le côté invraisemblable de l’image amoindrie l’authenticité et l’importance des révélations qui sont faites.
Malgré quelques lenteurs, des situations plutôt tirées par les cheveux, on est séduit par ce tableau doux amer de la vie que nous sert
Jean Marboeuf.
Sohini Gogel