Sélection officielle au festival de Berlin, en compétition
Rencontres de La Rochelle Résumé du film Le PélicanPaul Boyer est pianiste de jazz. Heureusement marié, il a un fils, Marc, qu’il adore. Afin d’offrir aux siens l’aisance qu’il souhaite, Paul accepte de tremper dans une affaire louche de faux dollars. Arrêté à New York, il est condamné à 10 ans de prison. Lorsqu’il revient en France, déchu de ses droits paternels, il se heurte à son ex-épouse remariée à un brillant homme d’affaires, Cazenave, qui refuse de lui faire voir Marc. Il est contraint d’espionner à la jumelle son fils qui passe ses vacances à Lugano. De retour à Paris, la passion du père pour l’enfant est la plus forte : Paul enlève son fils et passe avec lui 24 heures au cours desquelles il tente de se faire adopter de cet enfant craintif, étranger. A l’aube, la police, alertée par la mère de Marc, arrête Paul. Libéré, il cherche à revoir son fils, mais Marc le fuit. Fou de rage, Paul provoque un esclandre chez les Cazenave qui préviennent la police. Le lendemain, Paul est à nouveau sous les fenêtres de l’appartement où vit son enfant, fenêtres qu’il fixe intensément. Galerie Photos : Le PélicanLes avis sur le film Le Pélican
Critiques : Le Pélican -
Le Nouvel Observateur

« Un père amoureux. »
« Le film de Gérard Blain repose sur un paradoxe inouï qui, je crois, n’a jamais été représenté. Ce qu’on appelle le complexe d’Œdipe, ressort ordinaire des récits, est ici présent mais audacieusement inversé : ce ne sont pas les sentiments de révolte d’un fils contre son père qu’on y lit, c’est, tout au contraire ( et quel contraire !), la passion amoureuse (on pourrait dire : racinienne) de ce père pour son jeune fils. Nous vivons tout au long du film dans la tension d’une transgression multiple (de l’inceste au voyeurisme) qui est donnée à penser, non à constater. Et tout ce bord de la perversion, auquel ne manque même pas son décor social (dégoût de l’argent et de sa vulgarité), est écrit d’une façon rigoureusement indirecte, à travers un art à la fois franc et elliptique, retors (puisqu’il ne dit rien) et sensible (puisqu’il met en scène un désir) : œuvre finalement énigmatique, hors de toutes les avant-gardes et qui, pourtant, en réunit tranquillement, sans le dire jamais, toutes les virtualités. »
Roland Barthes – Le Nouvel Observateur – 14 février 1974
« … j’admire sans réserve le travail de Blain – travail pourtant si maîtrisé,…, Blain ne s’autorise aucune…facilité…aucun pittoresque. Refus du sensationnel. Rien ne compte que la description de la paternité comme passion épurée de tout autre élément.
Cette passion, on la voit naître : coup de foudre quand le père, à la maternité, prend dans ses bras, avec une maladresse émerveillée, ce petit homme sorti de lui. Cette passion, on la voit croître, devenir exclusive – la femme, plus femme que mère, s’excluant d’elle-même, égoïste et calculatrice. Enfin, cette passion, on la voit, comme toute passion devant un obstacle, devenir amour fou…»
Jean-Louis Bory – Le Nouvel Observateur – 14 janvier 1974
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