On le sait déjà, les Japonais sont plutôt fort en la matière lorsqu’il s’agit d’animation. Et
Tsuneo Goda n’échappe pas à la règle. Le petit chat curieux, son premier long-métrage, est un véritable doudou en image, si doux qu’on redemanderait presque des aventures de ce petit chat ingénu.
Images de personnages en feutrine, décor à la minutie des maisons de poupées, rien n’est laissé au hasard, si bien que ces sortes de marionnettes, cousines de nos nounours, finissent par prendre vie tout naturellement. Expressions de visage travaillées, musique qui ponctue avec humour les gestes de ses personnages, ce film pour bout’chou n’a décidément rien à envier à la ribambelle de dessins animés au graphisme bâclé ou trop sophistiqué.
Et côté scénario, les aventures de ce petit félin sont bien ficelées. Divisé en cinq petites histoires, le récit ménage la patience des tout-petits. Un petit carton façon dessin enfantin permet une pause aux plus agités, tout en les préparant à la suite. Koma, chaton au pelage rouquin entraîne les cinéphiles en herbe dans la réalisation de son propre film. Premiers pas difficiles caméra à la patte, entremêlés de moments rigolos et d’une histoire d’amitié touchante, petits et grands suivront volontiers les traces de cet apprenti cinéaste bourré d’optimisme, de bonne volonté et de curiosité.
Les plus grands y verront une jolie mise en abyme du cinéma, les plus nostalgiques un retour aux dessins animés authentiques façon
manège enchanté, et les bambins bien sûr, un joyeux divertissement. On regrettera peut-être que le réalisateur, ex-pubeu n’adopte pas un format plus homogène, car le découpage du récit en cinq histoires ne constitue pas un film à proprement parler même si on passe sans difficulté d’une histoire à l’autre et que le tout conserve une cohérence. Cela dit, si c’est le prix à payer pour séduire les bambins, le pari vaut le coup.
Virginie Borg