Qu'est ce qui vous a amené au Petit Soldat ?
J'ai voulu rejoindre le réalisme que j'avais manqué dans
A Bout De Souffle, le concret. Le film part d'une vieille idée : je voualsi parler du lavage de cerveau. On disait à un prisonnier : "Ca demande vingt minutes oou vingt ans, mais on arrive toujours à faire dire quelque chose à quelqu'un." Les événements d'Algérie ont fait que j'ai remplacé le lavage de cerveau par la torture qui était devenue une grande question. Mon prisonnier est quelqu'un à qui l'on demande de faire une chose et qui n'a pas envie de la faire. Simplement pas envie, et il se bute, pour le principe. C'est la liberté comme je la vois : d'un point de vue pratique. Etre libre, c'est pouvoir faire ce qui vous plaît au moment où qui vous plaît. Le film doit témoigner sur l'époque. On y parle politique, mais il n'est pas orienté dans le sens d'une politique. Ma façon de m'engager a été de me dire : on reproche à la Nouvelle Vague de ne montrer que des gens dans des lits, je vais en montrer qui font de la politique et qui n'ont pas le temps de se coucher. Or la politique, c'était l'Algérie. J'ai donc montré un type qui pose pleins de problèmes. il ne sait pas les résoudre, mais les poser, même avec un esprit confus, c'est déjà tenter de les résoudre. Il vaut peut-être mieux se poser d'abord des questions que de refuser de se rien poser ou se croire capable de tout résoudre.