Après
Match Point et
Scoop,
Woody Allen clôt en beauté, avec ce
Rêve De Cassandre, sa trilogie londonienne avec, une fois encore, une histoire de meurtre… Si ses deux premiers films avaient des airs de comédie sur fond dramatique – surtout
Match Point -, ce nouveau long-métrage british du réalisateur new-yorkais est purement dramatique.
Ici, pas de
Woody Allen au casting, ni de
Scarlett Johansson. Pas de grand rôle féminin d’ailleurs. Les deux personnages principaux sont des hommes. Deux frères, incarnés par
Ewan Mc Gregor et – ça peut surprendre –
Colin Farrell. Loin des grosses machines hollywoodiennes auxquelles il est habitué, ce dernier nous montre une facette inattendue de son talent, la main de maître Allen y étant sûrement pour quelque chose.
Ni vraiment polar ni vraiment thriller,
Le Rêve de Cassandre est un drame humain, relatant une certaine misère sociale, celle d’une génération à la tête pleine de rêves de grandeur mais aux poches vides d’argent pour les réaliser. Des rêves symbolisés par un objet, un bateau baptisé « Cassandra’s Dream », que se sont offert les deux frères… Un rêve qui en appelle d’autres, mais qui peut aussi très vite virer au cauchemar...
Et si le pire, lorsque l’on commet l’irréparable, n’était pas de finir en prison mais, au contraire, de ne pas être suspecté du tout. Et si le pire se passait dans la tête du tueur…
Une leçon de vie – et de mort - qui fera sûrement taire une bonne fois pour toute les anti-allenien qui ne pourront définitivement plus dire du cinéaste qu’il ne sait mettre en scène qu’une certaine catégorie sociale, en employant toujours le même comique existentiel…
Moins extraordinaire que
Match Point et moins pétillant que
Scoop, ce
Rêve de Cassandre n’en reste pas moins une vraie réussite. On attend déjà avec grande impatience le prochain, direction l’Espagne où le cinéaste retrouve sa muse
Scarlett Johansson dans
Vicky Cristina Barcelona.
Amélie Chauvet