On connaissait le cinéma feutré de
Wong Kar Wai, les mangas envoûtants de Hayao Miasaki, les combats dans les airs de
Ang Lee, la mélancolie de
Hou Hsiao Hsien, la folie meurtrière de
Park Chan-wook. A présent, il va falloir également retenir le nom de
Zhang Yimou - et au vu de la qualité de ses films, ça risque d'être assez facile.
Véritable maître du cinéma dans son pays d'origine, la Chine,
Zhang Yimou avait déjà fait une apparition remarquée dans les salles françaises il y a un peu plus d'un an grâce à HERO, ses costumes, ses décors, son histoire, ses acteurs. Fort de son succès mondial, le réalisateur récidive, et mieux, ébloui. Car même si l'analogie et la comparaison avec TIGRE ET DRAGON et son grand frère HERO lui fera parfois du tort, LE SECRET DES POIGNARDS VOLANTS est une fresque héroïque à part entière, magistralement orchestrée, somptueusement interprétée et tout simplement magnifique. Histoire traditionnelle racontée avec tous les moyens actuels du cinéma, le film de
Zhang Yimou contient tous les ingrédients d'une épopée réussie. La musique et les danses traditionnelles, des décors et costumes somptueux, d'étonnantes scènes de combat à grands coups de sabre, d'épée, de flèches et de lances, une pudeur puis une exaltation des sentiments, un travail minutieux avec la lumière, les saisons, les couleurs… Le tout rempli de poésie, d'amour, de haine, de beauté des gestes, des situations, des mots et des acteurs. Le scénario peut paraître déjà vu ou stéréotypé – mais l'histoire n'est qu'une pierre dans l'édifice bâti par
Zhang Yimou. Car la beauté visuelle et technique du film rattrape largement les quelques faiblesses de l'histoire.
Il est des grandes épopées poétiques qui parsèment l'Histoire du cinéma. LE SECRET DES POIGNARDS VOLANTS en fait désormais parti.
Aurélie Maulard