LE SOURIRE DE MA MERE, drame italien de
Marco Bellocchio, bénéficie d’un traitement dvd tout en nuance. Les couleurs sont très belles. La lumière, qui tombe sur les visages des protagonistes du film, réussit avec intensité à les mettre en valeur et rappelle la représentation éblouissante des icônes religieuses. L’image est nette et les contours clairement définis.
Le réalisateur
Marco Bellocchio dénonce dans ce long-métrage le poids de la religion et son hypocrisie. Cette contestation se manifeste par les contrastes harmonieux ou plus sombre des couleurs.
Le Dolby Digital 5.1 est un régal. La bande-son retranscrit avec justesse la gravité de l’atmosphère et accroît la sensation de mal-être social du personnage principal. Dommage que seule la VO en italien soit disponible et qu’il faille donc se contenter des sous-titres français. Une fois ce désagrément passé, il faut reconnaître à la bande originale toute son authenticité et sa bonne facture. La musique résume à elle seule le climat religieux du film. Une voix mélodieuse à l’aura divine se répercute pendant tout le long-métrage et traduit de manière simple et efficace le suspens de ce drame.
La partie consacrée aux bonus est très mince côté contenu, mais l’on y trouve tout de même quelques éléments intéressants. Le menu nous met d’emblée dans le décor religieux et monacal du film avec une musique cristalline et la peinture démesurée d’une icône au sourire mystérieux.
Deux interviews audio diffusées sur France Culture et menées par Michel Ciment permettent de faire plus ample connaissance avec l’acteur
Sergio Castellitto et le réalisateur
Marco Bellocchio. À la longue, les propos tenus, bien qu’intéressants du point de vue cinématographique, finissent par lasser car dépourvu de tout rythme. L’absence d’un réel support visuel pour accompagner ces interviews rend le bonus fastidieux et amoindri son impact. Des suppléments qui ne respirent donc pas les techniques ultra-modernes, mais qui présenteront un intérêt certain pour les aficionados du cinéma italien.
Un dvd tout en demi-teinte qui propose un film de bonne qualité malgré des bonus trop légers.
Sohini Gogel