Depuis une dizaine d’années, sous l'impulsion de cinéastes tels que Tim Burton,
Quentin Tarantino ou
Joe Dante, ou en France, grâce aux séances spéciales de la Cinémathèque Française, ou aux dossiers consacrés par la revue Mad Movies, tout un pan du cinéma populaire italien des années 60 à 80 dit "cinéma bis ou d'exploitation" fait l’objet d’une deuxième lecture. Il s’agit d’un cinéma couvrant des genres aussi variés que le western, l'épouvante, le fantastique, l'aventure exotique ou le polar urbain. Ces productions peu onéreuses tentaient de concurrencer un marché américain hégémonique. S’élabore un univers cinématographique d'une extraordinaire richesse thématique et stylistique avec ses maîtres à penser – Mario et Lamberto Bava, Sergio Sollima, Lucio Fulci – ses représentants officiels –
Sergio Corbucci, Antonio Margheriti, Duccio Tessari – ses rejetons moins présentables, souvent aussi efficaces que roublards – les Umberto Lenzi, Sergio Martino et autres Massimo Dallamano. Le sublime y côtoie souvent le pire, l'horreur peut surgir au détour d'une apparente pantalonnade et même le suspense policier le plus racoleur peut finalement déboucher sur une réflexion politique d'une rare pertinence.