Pourquoi avoir voulu revenir sur le montage du Tambour après tant d'années ?
La première version que nous avions montrée à
Günter Grass faisait 2h45. Il l’avait alors qualifiée de « charge concentrée ». Mais, en vertu de nos obli- gations contractuelles,
United Artists nous a obligé à raccourcir le film d’une demi-heure... A cette époque, un film de plus de deux heures était considéré trop long. Il n’était pas davantage possible de présenter les deux versions dans les salles de cinéma... Alors, nous avons capitulé – et le film est devenu un grand succès dans cette version.
« Ne pas réparer, si c’est pas cassé », me disait Billy Wilder et je lui ai donné raison en ce sens que jamais, en 30 ans de carrière, je n’ai cherché à avoir le final cut, pas une seule fois en 30 ans ! Et puis un jour, on m’a demandé, à cause des frais de conservation, si l’on pouvait se débarrasser des négatifs non montés du film. Je me suis aussitôt demandé quel effet aurait aujourd’hui tout ce matériel une fois monté. La qualité éblouissante des images m’a frappé. Un négatif vierge qui n’avait pas été touché par une seule main depuis qu’il avait été extrait du magasin de la caméra, il y a plus de 30 ans ! J’avais gardé le scénario où j’avais noté et commenté tous les plans et j’ai commencé à faire un nouveau tri dans le matériel.