Antoine s'ennuie dans la vie. Il n'a pas de problème particulier, il ne se drogue pas, ne boit pas et n'a pas de névroses très définies. Il s'ennuie simplement, et n'en fait même pas une affaire.
Natalia, quant à elle, est une jeune femme qui se passionne pour un condamné à mort aux Etats-Unis, à qui il ne reste que quelques heures à vivre. Ces deux êtres ne se rencontreraient jamais, si Monsieur Jules ne comprenait pas qu'il faut parfois donner un petit coup de pouce à la vie et aux gens pour changer leurs destins. Mais Monsieur Jules a de l'expérience, avec son lot de fractures et de bonheur. Antoine va donc aider Natalia et ne s'ennuiera peut être plus jamais dans sa vie, comme s'il avait soudain compris le sens de celle-ci. Ce qui m'a séduit dans le scénario, c'est qu'il nous parle de gens normaux, communs, de ceux qu'on croise chaque jour. Ils nous ressemblent dans leurs vies qui manquent de piment et ne sont qu'habitudes et compromissions. Il n'y a pas là un film aux rebondissements exceptionnels mais plutôt un film dont l'écho résonne en chacun de nous, nous qui vivons dans une ville que nous ne regardons plus, nous qui croisons des gens sans plus les voir, nous qui ne nous passionnons plus pour aucune cause sauf quand la télé nous y oblige.
Le Temps D'Un Regard est un film humain et quotidien, en cela il est exceptionnel.