Habitué de productions plutôt musclées à l’action explosive à l’image de ce dernier ou de l’ultraviolent
Narc (qui l’a révélé), le réalisateur se « pose » cette fois-ci pour un film à la violence plus sourde. Ne vous attendez donc pas à voir une oeuvre de castagne Hommes vs Loups, ce n’est pas que ça.
Le pitch est plutôt simple (pas besoin d’en faire plus) : alors qu’un groupe d’ouvriers d’une compagnie pétrolière est envoyé en Alaska, leur avion s’écrase. Les quelques survivants devront affronter non seulement le froid extrême mais aussi une bande de loups pas très sympathiques qui rôde et protège son territoire…
C’est donc une quête de survie éprouvante dans laquelle se lancent les personnages, avec en meneur, le super héros survivor
Liam Neeson. Oui, car lui, il a tout perdu, et il n’a pas peur de la mort. Et puis, en plus de connaître les profondeurs de l’âme humaine, il connaît celle des loups, qu’il chasse, et il a une sorte de connexion avec les prédateurs. Trop balaise !
Non, on se moque, mais finalement, malgré quelques longueurs et un sentimentalisme un peu trop appuyé, le film fonctionne plutôt bien.
C’est avant tout dans la tension et l’ambiance glaciale qu’il se révèle le plus efficace, puisqu’on frissonne tant de froid que d’angoisse, même si on aurait aimé sursauter un peu plus. Les loups ne sont pas si présents et on observe surtout ces hommes se battre face à la nature hostile du Grand Nord mais surtout réfléchir à la mort et aux valeurs de la vie et de la famille, d’où une scène au coin du feu où chacun y va de son anecdote personnelle… Le passage, qui se voudrait touchant, manque cependant de sincérité avec des phrases toutes faites et des seconds rôles archétypaux et surtout effacés par Monsieur Neeson, le seul à qui on s’attache (forcément).
Ainsi, même si la réflexion philosophique « la vie est un combat » alourdie un peu le récit, et que le final nous laisse un peu sur notre faim (de loup),
Le Territoire Des Loups (
The Grey en version originale, qui peut autant signifier le gris de l’animal que la grisaille de l’existence douloureuse du héros) reste un bon petit film qui se laisse regarder au coin du feu.
Marie Devier