Quels sont vos rapports à l’Arménie, d’abord sur un plan biographique ?
Longtemps, j’ai considéré que ces questions d’appartenance m’intéressaient peu. Ma mère est Allemande, moi, je suis né dans un quartier de Marseille. Je n’ai jamais nié mes origines ni mon nom. Mais ce n’était ni une préoccupation ni une revendication. Cette question, pour moi, est très liée au cinéma. Mon oncle, Théodore, au moment de la projection de
Dernier Eté à Cannes, a parcouru la presse et s’est rendu compte que je n’avais pas changé de nom. Et il m’a téléphoné en larmes en me disant : «
C’est extraordinaire. Tu es dans tous les journaux et tu t’appelles Guédiguian ! ». Je ne m’étais pas posé une seconde la question de changer de nom. Et ça a continué plus tard : il n’y a pas une ville dans le monde où je ne sois allé présenter mes films, sans qu’il y ait au moins un Arménien dans la salle.