Bruno, pourquoi avoir choisi un portrait de femme pour votre premier long métrage ?
Bruno Rolland : J’avais avant tout envie de filmer Anne dans la peau d’une fille d’aujourd’hui. Je cherchais, pour elle, un rôle qui raconterait un peu du monde dans lequel nous vivons. J’ai rencontré un jour une strip-teaseuse, une fille très drôle, mais chez qui on sentait une grande violence. Dès qu’elle était à la barre, elle exprimait une sexualité très forte, qui fascinait les hommes. Nous avons beaucoup parlé, et j’ai trouvé dans son discours un reflet de notre époque : cette idée qu’en contrôlant son image, on détient le pouvoir sur les autres. Je me suis absenté un mois, à mon retour, elle avait disparu. Je n’ai jamais retrouvé cette fille. J’ai proposé alors à Anne d’écrire ensemble un scénario inspiré par cette rencontre. L’histoire d’une fille qui essaye de trouver sa liberté dans un cadre très défini : sa famille, l’école de la République (Sciences Po), et une boîte de strip-tease.