Film intime et intimiste, LEÇONS DE TENEBRES raconte l'histoire d'un homosexuel à la recherche une beauté perdue, qui découvre l'amour et l'art grâce à sa vie nocturne à Utrecht, Naples et Rome. Entre journal intime et drame baroque, le film reconstitue par fragments ce voyage initiatique, mêlant plans fixes, obscurité, tableaux, ténèbres, et "amour de l'art". Véritable ovni cinématographique, totalement décalé, hors du temps, de l'espace, de l'esprit, le film de
Vincent Dieutre choque, endort ou passionne, mais reste largement confiné à une toute petite partie de spectateurs. Difficile en effet de s'immerger dans le monde du cinéaste - surtout avec un DVD si pauvre en qualité. En effet,
Vincent Dieutre avait déjà fait le choix de filmer à la fois en vidéo, en 35 mm et en Super 8, ce qui était loin d'uniformiser son film. Résultat, la qualité d'image change à chaque scène, mais reste toujours dans la médiocrité : pleine écran, granuleuse au possible, tachée de points blancs et autres griffures, et surtout, exceptionnellement sombre – à tel point que l'on a du mal à discerner les personnages. Même chose au niveau de la présentation des menus : les images fixes sont chaotiques et mal équilibrées. A noter également qu'il n'y a pas de chapitrage…
Côté suppléments, on reste totalement dans l'univers du film : la conversation du réalisateur avec le philosophe Leo Bersani flotte à des années lumières ; celle avec François Bonenfant est un peu plus terre à terre et revient sur certaines scènes du film. Mais l'ensemble est totalement anti-conformiste. Quant à la scène coupée, elle a été tournée en super 8 : l'image est tremblante, chaotique et très sombre – bref, elle ne sert pas à grand-chose et ne nous apprend rien.
Au final, un DVD à l'image du film : rien de conventionnel, étrange, dérangeant, et finalement, assez ennuyant.
Aurélie Maulard