Philippe Fernandez, qu’entendez-vous par le terme de « filmosophie » que vous utilisez régulièrement pour parler de ce que vous faites ?
C’est un terme auquel j’ai pensé en réfléchissant à mon premier court métrage, écrit en 1995 à l’occasion du centenaire du cinéma (il était temps de s’y mettre !), avec lequel j’inaugurais une pratique qui manquait me semble-t-il à l’offre d’auteur, le cinéma d’obédience philosophique, c’est à dire qui se donnerait pour objectif de faire réfléchir le spectateur, d’activer son intelligence, à l’opposé donc du cinéma qui l’abrutit, sous couvert de divertissement. Mais je n’ai pas l’intention, ni les connaissances suffisantes, ni l’envie probablement, de donner des leçons de philosophie. C’est plus une attitude générale, dans la vie, qu’il m’intéresse de promouvoir et de mettre en images. Attitude de réflexion qui se retourne d’ailleurs vers les images et me garde de produire n’importe quoi. Du moins j’essaie. En tant que mot-valise et calembour, c’est aussi un vocable assez drôle, qui indique que je ne me prends pas au sérieux et qu’on risque même de s’amuser en regardant mes films. Non pas que l’entreprise ne soit pas sérieuse, bien au contraire, mais je n’ai pas l’intention non plus d’ennuyer les gens...