Rien de trop professionnel dans cette petite comédie bien de chez nous ! Juste une troupe de (faux) amateurs réunis pour un tout premier film ni vraiment original, ni vraiment débordant d'intérêt, mais qui a le mérite de détendre les nerfs - voire même parfois les zygomatiques. Basée sur l'éternel duo de comiques, le baraqué tout timide et le freluquet un peu paumé,
l'histoire des AMATEURS tient en quelques phrases ; la mise en scène souffre de la maladresse toute naturelle du cinéaste débutant, les acteurs jouent aux jeunes premiers. On se rapproche plus du téléfilm que du film de cinéma pur souche, mais l'ensemble, quoi qu'un peu longuet, reste frais et mignon. On ne peut que sourire devant les gaffes enfantines de ces deux pré-ados, embarqués dans des aventures plus loufoques les unes que les autres pour les beaux yeux (et la cervelle) de deux jolies filles.
Un film sans prétention, un peu gamin, un peu naïf, dont le message, en fin de compte, est de prendre la vie comme elle vient. Petite leçon de vie à son échelle… Dommage qu'il ne fasse que survoler des thèmes plus profonds comme l'exclusion, le racisme, l'élitisme et la tolérance. Mais l'erreur majeure des AMATEURS se trouve sans aucun doute dans son casting. Difficile de voir en Christophe et J-P les deux jeunes " caillra " pour lesquels on veut les faire passer…
Lorànt Deutsch reste cantonné au rôle du jeunot sans expérience et
Pascal Légitimus, en vrai faux caïd dépressif, le calibre chargé à la ceinture, surjoue à l'extrême son rôle de méchant tout droit sorti d'une parodie des Inconnus. Seules exceptions,
François Berléand, grandiose, comme toujours, et
Jalil Lespert, nouvelle recrue du cinéma français.
Quelques erreurs, donc, mais que l'on pardonne de bon coeur. Pas un coup de maître… Un coup d'essai ! A quand le passage au professionnel ?
Aurélie Maulard