Il était une fois, trois jeunes étudiants en Lettres. Plongés dans l’univers impitoyable d’une sacro-sainte université parisienne, ils vont effectuer leur passage à l’âge adulte, chaperonnés par André, un camarade aussi génial que malfaisant.
Ça démarre plutôt bien. Dès les premières images, la tension s’installe pour et entre nos protagonistes : il faut réussir et pour tous ces ambitieux, les places sont chères. Tous se sentent perdus et très vite, le spectre « bienfaisant » d’André – véritable vampire intellectuel – rôde dans les amphis afin de tirer joyeusement, mais cruellement, les ficelles de leur vie. On se frotte les mains, le jeu de massacre peut commencer.
Malheureusement, ce qui s’annonçait comme une étude grinçante sur les dangers de la dynamique de groupe se casse vite la figure et l’intérêt retombe aussi sec. La fable sur l’apprentissage se transforme alors en flan truffé de clichés et de situations aussi ahurissantes qu’invraisemblables. Où voit-on un maître de conférence émérite – et méchamment maniéré – accorder sa Maîtrise à un étudiant qui l’a giflé ?!? Si l’intrigue s’étiole à la vitesse grand V, il n’y a pas grand-chose non plus à sauver du côté des protagonistes. André Le Magnifique est le seul à avoir la chance de bénéficier d’un minimum de psychologie. Ses « disciples », en revanche, sont pathétiques d’amorphie au point que leur réussite finale est tout bonnement incompréhensible.
Le film ne fait que flotter dans une caricature de caricature - un univers fantasmé fait d’universités « vieilles briques » et de déclamations à rallonge – oscillant entre utopie intellectuelle surréaliste et microcosme parisien nombriliste très vite agaçant. Au final, on se fout royalement de savoir ce qui peut bien leur arriver puisque ça reste du domaine de l’onanisme pseudo littéraire et limite réac’.
Pour info d’ailleurs, dans la vraie vie, tous les étudiants en Lettres ne sont pas narcissiques au point de passer leur temps à fomenter des complots tragédiens ou à aspirer devenir écrivains…
Eléonore Guerra