J'ai traité la guerre suivant un schéma très simple. J'ai supposé qu'il fallait expliquer à des enfants non seulement ce qu'est al geurre, mais ce que furent toutes les guerres, depuis les invasions jusqu'à la Corée ou l'Algérie, en passant par Fontenoy, Trafalgar, Gettysburg. Par exemple, les premiers plans de guerre sont dans l'ordre : un cuirassé, Ulysse et Michel-Ange, un avion. Pourquoi ? Parce qu'il y a l'armée de mer, de terre et d'air. Pourquoi dans cet ordre ? Pour donner l'idée qu'Ulysse et Michel-Ange, ces enflures matriculées, selon Céline, sont déjà encadrés. Chaque plan, chaque séquence correspondait donc à une idée précise : l'Occupation, la campagne de Russie, l'armée régulière, les partisans, etc. Ou un sentiment précis : la violence, la débandade, l'absence de passion,la dérision, le désordre, la surprise, le vide. Ou un fait, un phénomène précis : le bruit, le silence, etc. Autrement dit, un peu comme il s'agissait d'illustrer les multiples - et pourtant toujours ennuyeusement pareils - visages de la guerre grâce à des palques d'Epinal glissées dans la lanterne magique, suivant les principes chers aux opérateurs d'autrefois de l'actualité reconstituée.