LES CLEFS DE LA MAISON aborde avec pudeur un sujet aussi difficile que les retrouvailles d’un père avec son fils inconnu de quinze ans, touché par une maladie incurable et handicapante.
Au-delà de cette trame de départ assez douloureuse qui vous transmet d’emblée un triste sentiment d’abattement, le long-métrage de
Gianni Amelio se révèle être un film complexe, balayant tous les poncifs d’un genre dramatique bien vite saturable.
Le spectateur, constamment touché par la grâce du jeune
Andrea Rossi (atteint par la maladie) et la beauté douce et lointaine de Kimi Rossi Stuart, passe du rire aux larmes sans la moindre culpabilité. La qualité principale de ce film réside dans sa totale équité, évitant soigneusement une surenchère de sensiblerie bien souvent exploitée. Cette œuvre est davantage marquée par la sincérité du ton et la délicatesse de la mise en scène. Les émotions sont inévitablement au rendez-vous -
Andrea Rossi a l’art de vous toucher - mais jamais dans la mièvrerie.
C’est avec pudeur que l’on accompagne le cheminement d’un père et son fils vers une compréhension et une véritable reconnaissance mutuelles. Le réalisateur use de techniques simples, effaçant toute trace d’effets pour mettre en exergue ses sujets. La douce musique de
Franco Piersanti est présente comme contre-coup pour accentuer les nœuds dramatiques. On suit ainsi sans complexe ce duo attachant et l’amour des deux protagonistes est transmis au spectateur naturellement et purement.
LES CLEFS DE LA MAISON, empreint d’une profondeur propre au réalisateur
Gianni Amelio, vous entraîne ainsi sur le chemin de douces émotions.
Nadège Fleury