Les fils de marie

Les fils de marie
Carole Laure signe un film personnel et émouvant
Genre : Drame - Duree : 1H39 mn
Sortie en salles le 02 Avril 2003
Année de production : 2002
Présenté à la Semaine de la Critique au Festival de Cannes le 19 Mai 2002

Résumé du film Les fils de marie

Un film de Carole Laure, avec Carole Laure, Jean-marc Barr, Félix Lajeunesse-guy, Danny Gilmore (Canada)


SYNOPSIS :

Un an après avoir perdu son fils de 15 ans dans un accident de voiture, Marie décide de passer une petite annonce : " Mère ayant perdu fils cherche fils ayant perdu mère ". A travers cette ultime tentative pour sortir de son désarroi, Marie tente de construire une nouvelle vie.


L'AVIS DE LA REDACTION :

Plus que la perte de son mari, c'est la mort de son fils adoré qui plonge le personnage de Marie dans une dépression proche de la folie. Un an après le drame, elle trouve peut-être une solution pour se reprendre : s'occuper de garçons orphelins de mère, afin de pouvoir combler son manque affectif et redonner de l'amour maternel.
Marie se trouve ainsi quatre "fils", ce qui donne un panorama des affinités possibles et des relations qu'elle peut tisser : de celui qui se trouve être véritablement névrosé, à celui qui peut naturellement remplacer son fils. Cette mère de substitution peut parfois soulager mais aussi échouer, incapable de feindre un attachement malgré son avidité.
Pour son premier film en tant que réalisatrice, Carole Laure traite d'un sujet particulièrement difficile : comment surmonter la peine due à la perte brutale d'un proche ? La caméra numérique suit littéralement cette mère en lutte contre la fatalité. Les images brutes de ces personnages en quête de lien filial sont filmées sans barrière, et nous font pénétrer au plus profond de leur fragilité. Carole Laure signe une composition étonnante, parfois irritante dans son rôle de mère étouffante, mais émouvante dans son acharnement à retrouver la paix dans sa condition maternelle. Le choix des interprètes pour incarner ses "fils" se révèle très juste. Le nom de Jean-marc Barr a été mis en haut de l'affiche mais les quatre acteurs sont parfaits, parvenant à nous toucher à travers leur marginalité, même si les personnages sont assez caricaturaux.
Une quête aussi douloureuse demande un traitement intimiste, et les choix de mise en scène correspondent à cet état psychologique. Actrice et réalisatrice, Carole Laure nous livre son histoire sans retenue. Mais un tel choix est à double tranchant, le spectateur pouvant vite devenir claustrophobe dans cet appartement de Montréal, et nauséeux à cause de cette mère pleureuse.
Cependant LES FILS DE MARIE est un premier film touchant et intéressant, porté de bout en bout par une Carole Laure sans filet.

Diane Mahu


ENTRETIEN AVEC Carole Laure :

Comment définir le sujet du film ?
Le cordon ombilical, la perte, les gens en manque affectif. La perte d'un être cher par la mort. Comment survivre à la perte de quelqu'un. Le lien maternel. Que se passe-t-il quand il est rompu?
L'instinct maternel, c'est un sentiment parfait parce qu'il est indestructible. C'est un total don de soi, l'ego n'existe pas. Le personnage de Marie ne se résout pas à la perte de son fils. Son enfant était devenu sa possibilité de vivre. Et à tout prix, elle veut recréer le lien. Son amour maternel est inépuisable. C'est quasiment "animal". Elle va gérer sa vie autour de cet instinct retrouvé. Elle est totalement, presque maladivement, dans le don d'elle-même.

Pourquoi cette histoire de filiation perdue ?
J'ai toujours été fascinée par les gens qui subissent des drames. Comment ils se débrouillent pour s'en sortir ? Comment ils se refont une vie autrement ? J'ai toujours aimé les gens qui trouvent des solutions à leur drame. On est dans une société où on a besoin de se recréer des liens, de se recréer des familles.

Pourquoi choisit-elle des fils d'âges différents ?
Ce n'est pas l'âge qui compte, c'est le besoin. On est tous orphelins un jour ou l'autre. A travers le choix des fils, je voulais également pointer certains malaises existentiels : l'enfance maltraitée, l'obésité, le masochisme adolescent.

Parlez-nous du personnage de Marie.
C'est une femme fêlée, dérangée. Elle vit dans une forme de théâtralité parce qu'elle est dans la douleur, c'est un personnage touchant : elle n'est que sincère, elle essaie de survivre à un choc horrible. J'aimais l'idée de faire un film après le deuil : comment remonter la pente ?
Marie est sur un fil. Il y a du danger dans ce qu'elle entreprend, mais elle est dans sa souffrance et elle ne voit pas le danger : elle fonce.


Ce personnage permet d'aborder la folie ?
C'est toujours une grande tentation, celle de basculer de l'autre côté. Souvent quand on a une peine énorme, on disjoncte et on perd le contrôle.

Vous avez pris quel biais pour jouer cet état ?
Marie n'est pas très bavarde. J'aimais l'idée de sentir ses émotions corporellement, plus que par la parole. Je me laissais aller complètement physiquement. On a tourné beaucoup de séquences qu'à deux, Pascal (Arnold) qui filmait et moi qui jouais. On arrive à des niveaux de liberté et d'intimité qui favorisent la créativité. Des choses m'échappaient, dans le bon sens du terme. Le cadre favorisait cet état créatif. C'est rare au cinéma de se sentir dans un état de total abandon.

Il s'agit là de votre premier film comme réalisatrice ?
Cela germe depuis longtemps. Souvent j'ai collaboré de façon très proche avec des réalisateurs. Et c'est Pascal Arnold qui a déclenché le passage à l'acte. C'est notre rencontre qui a provoqué ça.


FICHE TECHNIQUE :

Réalisation : Carole Laure
Scénario : Pascal Arnold et Carole Laure
Photo : Pascal Arnold
Son : Pierre Blain
Décor : Frédéric Page
Montage : Hugo Caruana
Musique : Jeff Fisher


FICHE ARTISTIQUE :

Carole Laure : Marie
Jean-marc Barr : Paul
Félix Lajeunesse-guy : Martin
Danny Gilmore : Alex
Daniel Desjardins : Victor


L’AVIS DE LA PRESSE :

Studio Magazine :
" (…) Une variation originale sur le manque et le mal aimer.(…) Un film attachant (…) des aventures tragi-comiques. (…) Cette quête d’amour (…) parvient à nous émouvoir dans ses prémices [mais pèche par l’alourdissement du] propos général . Heureusement, l’élégance, la gestuelle, la conviction et le charme de Carole Laure emportent notre adhésion."
M.R. (article entier disponible dans Studio Magazine n°188, page 32)

Première :
" (…) Au début, les déambulations dépressives de l’actrice (…) laissent craindre le pire, tout comme la caractérisation exagérée des rejetons placebos.(…) Mais l’obstination pathétique de cette femme (…) finit par toucher juste. Dommage que la paresse de la mise en scène handicape à ce point cette description d’une névrose peu commune."
N.S. (article entier disponible dans Première n°314, page 40.)

CinéLive:
" Mère ayant perdu fils cherche fils ayant perdu mère " (…) Un instinct maternel viscéral dont, malgré toute la bonne volonté que l’on voudra bien y mettre, on peine à voir transparaître l’émotion qui devrait s’en nourrir.(…) On reste quant à nous bien orphelin de cinéma."
Christophe Chadefaud (article entier disponible dans Cinélive n°67, page 62)

Galerie Photos : Les fils de marie

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Les avis sur le film Les fils de marie

 
 
     

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    Avis des Spectateurs

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    Casting : Les fils de marie

      Réalisation
    Realisateur
      Scénario
    Scenariste
      Acteurs
    Acteur
    Acteur
    Acteur
    Paul