Les fragments d'Antonin

    en DVD le 20 Octobre 2010
Une beauté humaine qui transcende le genre
Un film de , avec , , , (France)Genre : Drame - Duree : 1H26 mn
Distributeur : Rezo Films - Editeur DVD : MK2 Editions
Sortie à la Vente en DVD le 20 Octobre 2010
Sortie en salles le 08 Novembre 2006
Année de production : 2006
Avis spectateurs : 3 étoiles 2.96 / 5 (108 notes)

Résumé de Les fragments d'Antonin

Cinq prénoms inlassablement répétés. Cinq gestes obsessionnels. Cinq moments de guerre. Antonin est revenu des combats sans blessure apparente. La sienne est intime, intérieure, enfouie.
Nous sommes en 1919 et le professeur Labrousse, pionnier dans le traitement des chocs traumatiques de guerre se passionne pour son cas. Sa méthode, nouvelle et controversée, doit lui faire revivre les moments les plus intenses de sa guerre afin de l'en libérer.

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Ce film est projeté dans 2 salles en France

Photos de Les fragments d'Antonin (11)

Critiques

Moyenne : 3 étoiles (2.64 / 4)
Comme au Cinema 4 étoiles
VSD 4 étoiles
Télérama 4 étoiles
Score 3 étoiles
Le Nouvel Observateur 3 étoiles
Positif 3 étoiles
Studio Magazine 3 étoiles
Le Journal du Dimanche 3 étoiles
20 Minutes 3 étoiles
Le Monde 2 étoiles
Ouest France 2 étoiles
Première 2 étoiles
CinéLive 2 étoiles
L'express 2 étoiles
Les Inrocks 1 étoiles

Voir en détail

Avis des Spectateurs

Moyenne : 3 étoiles (2.96 / 5)
48 avis 4 étoiles
26 avis 3 étoiles
16 avis 2 étoiles
18 avis 1 étoiles

Notes de Prod. de Les fragments d'Antonin

Note de production

Parcours du réalisateur et scénariste

« Comme tout réalisateur, je suis d’abord cinéphile. Après avoir été spectateur, j’ai eu envie de passer de l’autre côté. Assez tôt, je me suis amusé avec des caméras Super 8, des caméras vidéo d’excellents outils pour des courts-métrages d’adolescent dont le résultat vieillit assez mal ! Puis j’ai fréquenté une école italienne, dirigée par Ermano Olmi. Elle porte le nom de « Cinéma des Hypothèses ». Sa philosophie, basée sur le néo-réalisme, l’observation du réel, le mélange entre traitement documentaire et fiction, me plaisait. J’y ai passé un an et demi. J’ai ensuite effectué mon service militaire au Cinéma des Armées, ce qui a constitué un deuxième apprentissage. Se retrouver, à vingt-deux ans, à devoir mettre en scène des gros avions et des bataillons entiers, était quelque chose de fantastique ! J’ai eu aussi l’occasion de découvrir les documents d’archives et d’en tirer des documentaires sur l’histoire de l’armée. Travailler sur ce matériau avec des historiens était passionnant. J’ai découvert des images qui m’ont profondément marqué. Elles ont d’ailleurs nourri mon inspiration pour Les Fragments D’antonin. » (…)

Universel au-delà du temps « Mon court-métrage, Le Puits, a beaucoup tourné dans les festivals en France et à l’étranger et a reçu de nombreux prix. C’est ainsi que j’ai attiré l’attention de plusieurs personnes, parmi lesquelles , qui s’est montrée enthousiaste et m’a fait confiance pour développer un projet de long métrage. » , productrice : « En effet, j’ai vu son court métrage, Le Puits. J’ai bien sûr aimé ce qu’il avait fait mais ce qui m’a surtout intéressée, c’est son esprit et la force de sa sensibilité. Peu à peu, le sujet des Les Fragments D’antonin a émergé naturellement. L’impact que ses précédents travaux sur les archives d’images de la guerre de 14-18 avaient eu sur lui était impressionnant et de cette expérience, de ce sentiment, il tirait une maîtrise instinctive. »

: « Même si le sujet n’a rien de personnel, les blessures invisibles étaient le thème qui m’attirait le plus. Peu à peu, le contexte s’est précisé. Je savais que je rentrais dans le film de genre, un film de guerre, avec des codes très forts dont je devais absolument me décaler. Les émotions, les rapports humains devaient prendre le pas sur toute autre chose. Avoir beaucoup parlé avec des militaires m’avait permis de comprendre que, d’une certaine manière, leur travail consistait à gérer de la violence, l’appliquer et la faire cesser. Leurs discours révélaient qu’ils en revenaient différents. J’avais envie de parler de cela. On tombe souvent dans la caricature, à charge ou à décharge, alors que ce que j’entendais était beaucoup plus subtil et me semblait passionnant. » (…)

Intuitif et humain

: « Le film est plutôt impressionniste, avec une narration singulière basée sur un entrelacs de moments présents et passés. Plutôt que d’une vision d’ensemble, nous sommes donc partis de détails, d’envies de scènes qui se sont peu à peu assemblés comme un puzzle. Ce sont les souvenirs des personnages qui nous entraînent à travers des associations d’idées. Tel Candide, l’instituteur Antonin traverse toutes les horreurs pour revenir en temps de paix. C’est à travers son regard que l’on découvre l’histoire, la guerre. Cela impliquait une façon de filmer proche de la vision humaine en excluant tout plan large descriptif. Dans une tranchée, la caméra ne pouvait pas être au-dessus, elle devait rester dans une dimension humaine. Avec cette approche, je n’avais pas besoin de reconstituer des champs de bataille énormes, je pouvais conserver à la tranchée son aspect étouffant, labyrinthique, finalement assez proche de la réalité. Travailler la mise en scène en fonction de ce parti pris a été extrêmement intéressant. » (…)

Incarner l’humanité

: « Très tôt dans l’écriture, lorsque j’ai vu émerger le personnage d’Antonin, j’ai pensé à Grégori Derangère. Il allie la grâce et la rudesse et il a un regard très particulier. Je lui ai envoyé le scénario, nous nous sommes rencontrés et il a tout de suite donné son accord de principe. Durant tout le temps où nous nous sommes battus pour monter le film financièrement, nous ne savions même pas si le projet pourrait aboutir, mais il est resté loyal et fidèle. La relation entre les personnages de Madeleine et d’Antonin n’est pas une histoire d’amour ni de sensualité ou de sexualité. C’est d’abord la rencontre de deux solitudes bienveillantes l’une pour l’autre. Chacun devient le dépositaire du secret de l’autre. » : « Grégori Derangère, au service d’Antonin, à travers Gabriel, a vraiment transcendé le rôle. Il lui apporte une âme et une douceur, l’homme ne s’efface jamais derrière le soldat. » (…)

Le tournage

: « J’ai conscience qu’un premier long métrage tient du miracle ! Deux mois avant le tournage, j’ai vu le moment où le scénario finirait dans un tiroir et le projet abandonné ! Il a fallu le courage, le soutien et la confiance d’, ainsi que l’engagement et le savoir-faire de pour que ce film voit le jour. Nous avons pu le produire grâce au soutien du CNC, de la Fondation Gan, de la Région Franche-Comté et au fait que chacun, prestataires techniques et équipe, a joué le jeu de cette économie. Cela nous a laissé une liberté narrative complète, mais cela impliquait aussi une économie de moyens. » : « Nous avions un budget serré mais nous avons bénéficié de l’enthousiasme de toute une équipe. Pendant que Jean-François dirigeait la fabrication du film, je restais proche de Gabriel pour parler du ton et de la cohérence de ce qui se tournait chaque jour. Même sous la pluie, même avec peu de moyens, il fallait s’adapter. Gabriel est très pragmatique et ne s’énerve jamais. Quand ça commence à devenir grave, il enlève seulement ses lunettes ! » (…)

Toutes les scènes de tranchées et de combat ont été tournées en Franche-Comté, sur un terrain militaire du Valdahon, au camp du 13e Régiment du Génie. Nous avons bénéficié de leur entière coopération, ils ont accompli un extraordinaire travail de préparation des décors en nous creusant les tranchées, puis en travaillant sur leur habillage avec le chef décorateur et son équipe. Nous avons également tourné les scènes de forêt dans la forêt de Chaux, près de Dole. Le fort est celui de Domont, en région parisienne. C’est un lieu d’entraînement pour les pompiers et il est donc déjà en partie du Causse Méjean. » : « Avec le recul, c’est l’aspect humain qui reste le plus fort dans cette aventure.

A tous les postes et depuis le début, autour de l’histoire et grâce aux rencontres, il s’est vraiment passé quelque chose de profond. Je crois que cela tient à l’universalité du sujet. De tous ceux qui ont participé à ce projet, personne n’a évidemment connu la Première Guerre mondiale, mais tout le monde a été bouleversé par le parcours d’Antonin. Je crois que l’humanité est ce qui se dégage le plus du film. » : « J’ai souvent pensé au public en tournant. Mon envie était de faire un film qui donne à ressentir. Malgré la fatigue et les difficultés, la peur et les angoisses, je ne perdais jamais de vue ce miracle qui consiste à être sur un plateau de cinéma avec toute une équipe pour raconter cette histoire. »

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