À l’instar des films de genre, peut-on trouver des codes communs aux « petits » films français dit « d’art et d’essai » ? À force de vision et en sortant du premier long-métrage d’
Emmanuel Saget, on est en droit de se poser la question.
Il semblerait qu’il faille opter pour un « sujet douloureux », y consacrer une approche « différente », y semer des acteurs inconnus (mais souvent très bons) et emballer le tout dans une réflexion « esthétique ». Chose promise, chose due,
Emmanuel Saget offre ici la panoplie du parfait petit film français : titre douteux, pitch plombant, mise en scène hasardeuse et acteurs formidables. On le reconnaît volontiers, cette mixture donne parfois naissance à des chef-d’œuvres hexagonaux. Mais, quand ce n’est pas le cas, le « petit-film-français » a souvent cet effet légèrement soporifique, limite énervant…
Les grands s’allongent par terre fait partie de la seconde catégorie. Une ado « écorchée » part à la recherche du père qu’elle n’a jamais connu. Elle fuit sa mère et son lotissement pour trouver un homme seul et névrosé. Du plan séquence au plan fixe, des murmures aux cris, du silence à la violence,
Emmanuel Saget traite son sujet avec la subtilité d’un ado torturé. Résultat, on n’accroche pas. Gena énerve, le père fait rire, les plans esthétisants agacent. Pas la peine d’en rajouter, les grands de Saget nous ont mis à terre.
Mathilde Grosjean