Transfuge du petit écran (la série
Clara Sheller),
Renaud Bertrand signe ici un second film plein d’humilité sur un sujet social pourtant houleux : les fermetures et délocalisations d’entreprises, ou « Comment retrouver un emploi lorsqu’on a 40 ans et aucun autre diplôme que celui de
l’expérience ? »
Si
Les Irréductibles lorgne cinq minutes du côté de
Ken Loach, Bertrand prend rapidement la tangente légère, quitte à emprunter les sentiers battus et rebattus des téléfilms à happy ends (les scènes cocasses à l’ANPE). Rien de révolutionnaire donc, mais le film dresse une galerie de personnages certes parfois caricaturaux - un ado chiant, une épouse délaissée compréhensive - mais dont certains offrent de vrais moments de justesse comme cet ouvrier au chômage qui préfère occuper une usine vide plutôt que de capituler.
Kad Merad est une révélation touchante aux côtés d’un
Rufus tout en pudeur. Un bémol toutefois pour
Jacques Gamblin, seul personnage régressif du film, qui se rate complètement en passant du père de famille responsable à l’ado égoïste n’ayant qu’une idée en tête : avoir le Bac.
Mais au final, peu importe qui a le bacho du moment que chacun (re)trouve enfin sa place.
Les Irréductibles est un film qui, loin d’avoir la prétention de changer la société, se penche avec affection sur les « petites gens », la fameuse France d’en Bas dont on ne parle finalement pas tant que ça.
Eléonore Guerra