Résumé du film Les lip, l'imagination au pouvoirLes LIP, l’imagination au pouvoir, donne à voir et à entendre les hommes et les femmes qui ont mené la grève ouvrière la plus emblématique de l’après 68, celle des usines horlogères LIP à Besançon.
Un mouvement de lutte incroyable qui a duré plusieurs années, mobilisé des foules entières en France et en Europe, multiplié les actions illégales sans céder à la tentation de la violence, porté la démocratie directe et l’imagination à incandescence.
Le film retrace cette épopée, à travers des récits entrecroisés, des portraits, des archives. Une histoire collective pour essayer de comprendre comment le combat des Lip porta l’espoir et les rêves de toute une génération.
Pour ceux qui ont vécu les années LIP, ces retrouvailles éveillent des souvenirs chaleureux. Pour ceux qui n’étaient pas nés, c’est l’occasion de découvrir cette lutte, au travers de laquelle se posent bien des enjeux de notre avenir immédiat.
C’est possible, les Lip l’ont fait. 6 vidéos : Les lip, l'imagination au pouvoirGalerie Photos : Les lip, l'imagination au pouvoirLes avis sur le film Les lip, l'imagination au pouvoir
Notre critique : Les lip, l'imagination au pouvoir Quand les ouvriers prennent le pouvoir...-
Comme Au Cinema

A priori, voir un documentaire sur le syndicalisme au cinéma n’apparaît pas comme très affriolant. Et pourtant, avec Les Lip, L’Imagination Au Pouvoir, Christian Rouad parvient à intriguer en offrant la découverte d’une lutte syndicale historique. Le réalisateur a pris le parti de raconter l’histoire de façon chronologique, alternant archives, portraits et récits entrecroisés.
Tout commence donc par une rapide description de l’entreprise horlogère, bâtie par un personnage atypique et extravagant : Fred Lip. La firme fonctionne bien, les montres Lip sont célèbres à travers le monde. Jusqu’au jour où, au début des années 70, quelques salariés découvrent que la direction souhaite « larguer » un peu plus de 800 employés. Charles Piaget, Raymond Burgy, Roland Vittot, Jean Raguenes, pour ne citer qu’eux, décident alors de se battre pour éviter ce plan de licenciements en masse. Débute alors une grève syndicale sans précédent supportée par deux confédérations. Les ouvriers commencent par prendre leurs supérieurs hiérarchiques en otage. Ils décideront ensuite de voler les productions, à savoir des milliers de montres, pour les revendre et se payer, la devise de cette lutte devenant rapidement : « C’est possible : on fabrique, on vend, on se paie ». Suivront une multitude d’autres moyens d’actions, parfois classique comme les manifestations, mais souvent imaginatifs avec par exemple l’occupation de l’usine et l’autogestion. L’année 1973 sera la plus chargée en événements. Puis, deux ans plus tard avec les élections présidentielles, Lip s’arrêtera définitivement.
Si le sujet peut rebuter, l’originalité du conflit (et surtout des moyens d’actions, inimaginables de nos jours), ainsi que le choix narratif évitent l’ennui. Le spectateur se délecte des anecdotes contées par les anciens ouvriers et les discours se rejoignent en appuyant les images d’archives. Christian Rouad pousse tout ce petit monde à se souvenir, à raconter, à transmettre, filmant de façon linéaire les moments où l’émotion déborde, où le rire des situations rocambolesques explose et où un sourire pensif abrège les trous de mémoires. La passion des ouvriers de l’époque pour leur emploi force également le respect, car pendant la longue durée de la lutte, femmes et hommes ont fait l’impasse sur leur vie familiale. Le documentaire peut enfin être considéré comme une leçon de collectif, où comment des salariés se sont battus ensemble jusqu’à ce que tous soient réembauchés, et ce jusqu’au dernier.
Les Lip, L’Imagination Au Pouvoir pourrait se résumer à un documentaire de plus : ceux qui connaissent cette histoire incroyable seront ravis de la redécouvrir plus de trente ans après les événements ; la jeune génération pourra elle entrevoir une page supplémentaire du passé. Cependant dans le contexte économique actuel, le long-métrage de Christian Rouad prend des allures de source d’inspiration.
Alain Martino
Critiques : Les lip, l'imagination au pouvoir -
Le Monde

" Toute la force du film consiste à cet égard à montrer, face au discrédit et au découragement qui dominent aujourd’hui, que l’engagement politique et l’existence ordinaire ont partie liée, que se battre pour des idées, c’est se battre pour une idée meilleure de la vie. "
Jacques Mandelbaum (article entier disponible sur le site du Monde)
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TéléCinéObs

" Un documentaire indispensable, captivant comme un polar (…) et engagé comme un roman de Zola. "
Xavier Leherpeur (article entier disponible dans TéléCinéObs)
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L'Humanité

" (…) ce documentaire, sans prétention stylistique particulière, retient l’attention tant il y a là la vérité et la dimension humaine de qui s’y dit. "
Jean Roy (article entier disponible sur le site de L'Humanité).
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Cinélive

" (…) Le réalisateur signe un documentaire en forme de suspense social galvanisant, militant et haletant. "
X.L. (article entier disponible dans Cinélive n°110, page 51)
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Première

" Le récit est épique, haletant, les personnages se dessinent peu à peu, le documentaire devient fiction, polar, thriller… "
I.D. (article entier disponible dans Première n°361, page 42.)
Caractéristiques du DVDImage : DVD 9 - 4/3 - Format 1.85
Son : Stéréo Français Les acteursCharles Piaget :
Lorsqu'il entre chez Lip en 1946, il pense, comme beaucoup, qu'il suffit d'être un ouvrier consciencieux pour mériter la reconnaissance de son travail et l'octroi d'un juste salaire. Il découvrira peu à peu l'arbitraire et l'injustice, mais il lui faudra prendre sur lui pour imaginer s'opposer au patron et se lever pour combattre. Piaget est un modeste. En rajoute-t-il ? Il prétend qu'il a toujours tout fait contre son gré, poussé par l'amicale pression de ses amis, tiré et traîné vers ce rôle de leader qu'il assumera avec tant d'efficacité lorsque éclatera la grande bagarre. Sa réflexion est nourrie de lectures constantes, de la presse et des penseurs politiques. Avoir confiance en sa force, vaincre sa peur"Fred Lip, après 68, a cherché à nous contrer. Il a dit : "Il y a beaucoup de jeunes dans notre usine, et au comité d'entreprise, il n'y a que des vieux. Vous êtes tous des vieux. Même si vous avez 40 ans, vous êtes des vieux. Et moi je trouve qu'il devrait y avoir des jeunes dans le comité d'entreprise. J'ai fait un concours qui a été gagné par plusieurs jeunes, on les a emmenés à New York, vous voyez, moi j'ai de l'ouverture et vous, vous êtes engoncés dans votre truc, là." Alors le Roland, il se dit: "Ah ben, ça y est, toi, t'es en train de nous musiquer." Moi j'ai dit: "Oui, il est en train de nous musiquer, mais prenons-le au mot." Et j'ai réussi à convaincre la section de dire oui. On augmente le comité Les sages fous et les fous sages"Je ne connais pas d’autre exemple, au niveau des luttes ouvrières ou même des luttes tout court, où l’on ait fait preuve d’autant d’imagination. On a toujours su trouver le truc, non seulement qui fait rire, mais qui permet aussi de « défataliser » l’évènement, s’il est un peu trop lourd. Lip, par exemple n’a jamais sombré dans la violence. Et ce n’est pas à cause de moi, tu pourras en parler à Charles Piaget, j’avais quelques tentations de ce côté-là. Mais Charles et Roland étaient pleins d’une sagesse paysanne quasi-ancestrale, et en même temps d’une sagesse syndicale acquise au fil des années. Ils étaient représentatifs de la grande majorité des Lip parce que la grande majorité des Lip se reconnaissait en eux. Mais ils n’étaient pas bêtement syndicaux. J’ai connu des gens qui sont bêtement syndicaux ou bêtement politiques, ça peut arriver à tout le monde, il faut se méfier. Eux, ils avaient en plus un brin de folie dans la tête. Ils étaient ouverts à quelque chose d’autre. LIP, une chronologiePREMIER ACTE, EXPOSITION :
Dans les années 50, les militants CFTC de Lip, regroupés autour de Charles Piaget et Roland Vittot, cherchent à créer une force syndicale capable de tenir tête au patron. Ils s'attaquent au secret des rémunérations et publient les fiches de paie. Tollé général. Lors d’une grève un peu dure, les ouvriers bloquent le stock de montres et l’utilisent comme monnaie d’échange dans la négociation. |
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