Quel a été le point de départ de votre film ?
D’abord une sensation d’impuissance face aux effets de la politique de reconduite à la frontière des sans-papiers. Il y a eu, notamment, le cas de ce petit garçon, à Amiens : lorsqu’on a frappé à la porte de chez lui, son père s’est sauvé par les toits, il a voulu le suivre, est tombé, et s’est retrouvé dans le coma. Puis cette jeune femme, à La Villette, qui en entendant « Police »,a essayé de sortir par la fenêtre, et s’est tuée en tombant. Cet homme, à Joinville, qui pour échappe rà des contrôleurs du métro se jette dans la Marne et se noie… Dans quel état d’angoisse devaient vivre ces gens pour en arriver à des choses aussi extrêmes ? Et le point de départ c’est également le fait que ces pratiques et leurs conséquences étaient, dans le contexte électoral de 2007 et sont toujours aujourd’hui, revendiquées par des hommes politiques, qui comptent sur cela pour gagner des points dans l’opinion publique.