Lili, jeune femme photographe célibataire et sans attache, débarque dans un petit village sénégalais pour une mission culturelle. Elle doit y passer quelques jours pour rendre compte des résultats d’un jumelage communal.
Grâce à de splendides et lumineuses images du paysage sahélien et à l’immersion délicate dans le village d’Agnam,
Lili et le baobab offre une autre vision du Sénégal et de l’Afrique en général. Ils apparaissent comme des lieux de traditions familiales et de combat tranquille (les femmes et leur potager, le silence d’Aminata), reflet d’un mode de vie secret et souterrain, comme ce patriarche sustentant sa famille depuis un foyer français. La réalisatrice connaît son propos puisqu’elle est l’auteur de plusieurs documentaires sur le sujet (dont un dans le village d’Agnam). Elle a également la bonne idée de ne jamais sous-titrer les passages en langue Pulaar afin de garder le point de vue de Lili.
Malheureusement, ce parti pris se transforme progressivement en point faible. En se plaçant toujours du côté de sa protagoniste française,
Lili et le baobab en oublie de s’intéresser aux autres personnages, qui n’ont, pour la plupart, pratiquement aucune psychologie propre et finissent par ressembler aux éléments d’une carte postale.
Le film est ainsi à l’image de la mission de son héroïne : une photographie. On garde une vision extérieure. Lili ne se mélange pas et prend même une dimension quelque peu condescendante : elle donne de l’argent, des cadeaux, s’improvise mère d’Aminata. Elle conserve son regard amusé et curieux sans jamais vraiment chercher à comprendre ceux qu’elle observe…
On regrette, de ce fait, que
Lili et le baobab soit un film certes doux et mignon, mais finalement assez froid.
Eléonore Guerra