Little cheung

Little cheung
un film de Fruit Chan Gor, avec Yiu Yuet-Ming et Mak Wai-Fan.
Genre : Comedie, Drame - Duree : 118 mn
Distributeur : Velvet Films
Sortie en salles le 09 Janvier 2002
Année de production : 2000

Résumé du film Little cheung

un film de Fruit Chan Gor, avec Yiu Yuet-Ming et Mak Wai-Fan.



SYNOPSIS :

Cheung est un petit garçon de neuf ans qui travaille comme livreur pour son père restaurateur. Durant ses livraisons, il rencontre Fan, une gamine de son âge, qui fait la vaisselle avec sa mère dans les rues arrière peu ragoûtantes de restaurants populaires. Entre une visite au chef de la mafia locale à qui il apporte de la nourriture et ses passages express à la maison où il voit sa grand-mère et la bonne philippine, Cheung se lie d'amitié avec la petite Fan. Il l'engage même à faire des livraisons avec lui, en lui donnant une partie de sa paye. Mais Fan et toute sa famille ont immigré illégalement de Chine et, bien que Hong Kong fasse de nouveau partie du pays, leur situation est des plus précaires.


L’AVIS DE LA REDACTION :

Little Cheung, un petit garçon qui fait les quatre cents coups, pourrait ressembler comme un frère au Doisnel de François Truffaut, s’il ne vivait dans le Hong Kong contemporain…
Après MADE IN HONGKONG et THE LONGEST SUMMER, Fruit Chan signe ici le troisième volet de sa trilogie, consacrée à l’événement qui marqua un tournant historique majeur dans la vie politique et sociale de l’île : la rétrocession, en 1997, de l’ancienne colonie britannique à la Chine. Cependant, fidèle à son habitude, le réalisateur ne s’intéresse pas au HongKong des beaux quartiers, des gratte-ciel ultramodernes, à la capitale économique qui fait battre le cœur du continent asiatique, mais plutôt à sa face cachée, et peu touristique, ses immeubles insalubres, son prolétariat urbain, sa maffia locale…
Il nous présente, passée au filtre - voir au crible - d’un regard enfantin, la vision désenchantée d’une ville broyée de l’intérieur par le rouleau compresseur de la mondialisation, une ville en quête de son propre passé, de son identité, et même de sa nationalité…

LITTLE CHEUNG est ce qu’on pourrait appeler un "document-fiction", c’est-à-dire un film qui intègre un tissu scénaristique à une base documentaire, pour mieux recréer un univers social représentatif des préoccupations de la société hongkongaise : le problème de l’immigration, la vie communautaire, le poids de la famille chinoise…
Comment assumer le fait d’être un étranger dans son propre pays ? On sent chez Fruit Chan une réelle sensibilité, une implication personnelle, une proximité avec ses personnages (tous des comédiens amateurs), qui dépasse la démarche purement artistique. Rien n’est idéalisé, ni vilipendé. Construit dans la nuance et la fragilité, le film s’abstient de tout jugement, pour se hisser à la hauteur d’un petit homme au regard encore innocent, mais déjà embué de rêves et d’espoirs déçus…
Pour son charme indolent, pour son humanité mélancolique, pour la pureté de son traitement visuel - cette image un peu vert-de-gris qui ajoute à l’authenticité du sujet -, on lui pardonne volontiers quelques longueurs à mi-parcours. Et l’on savoure avec bonheur cette délicieuse chronique du quotidien, tout en attendant impatiemment la prochaine production de… Wong Kar-wai, sur ce même thème !

Laurence Berger


MADE IN HONG KONG, LONGEST SUMMER & LITTLE CHEUNG : UNE ODYSSEE HONG-KONGAISE

LITTLE CHEUNG est la conclusion d'une trilogie humaine et politique sur un tournant majeur de l'histoire de Hong Kong : la Rétrocession de 1997. Un retour vu tour à tour au travers des yeux d'un adolescent (MADE IN HONG KONG), d'un adulte (THE LONGEST SUMMER) et d'un enfant (LITTLE CHEUNG). Trois âges qui sont liés à trois périodes : l'avant, le pendant et l'après Rétrocession.
Dans MADE IN HONG KONG Fruit Chan dépeint la vie quotidienne d'un adolescent, Autumn Moon, sans but ni aspiration, qui vit seul avec sa mère dans l'un des centaines HLM gigantesques de la ville. Mais derrière ses airs de mauvais garçon (il travaille parfois pour les Triades), Autumn Moon cherche surtout un but à sa vie. En aidant un handicapé mental qu'il a pris sous son aile et en tombant amoureux d'une jeune fille atteinte d'une maladie mortelle, Moon va se mettre à envisager la vie -sa vie- sous un autre angle.
Tourné avec un budget ridicule et des acteurs amateurs découverts par Chan lui-même, MADE IN HONG KONG est un film ultra-énergique et électrisant qui s'est immédiatement imposé comme l'une des réalisations majeures Hong Kongaise de cette fin de siècle. Que ce soit en purs termes cinématographique ou thématique, Fruit Chan s'impose par la même occasion comme un cas à part dans l'industrie commerciale et convenue du cinéma Hong kongais.

L'année suivante sort la "suite" de MIHK, THE LONGEST SUMMER, en référence à l'été de la Rétrocession. Cette fois-ci, les héros du film sont un groupe de soldats qui, avec l'arrivée prochaine de l'armée rouge dans la ville, se retrouvent sans travail, après avoir servi leur pays pendant des années. Aigris et passablement désabusés, ils décident de monter un casse. Celui-ci ne se passe hélas pas du tout comme prévu, et les anciens militaires se retrouvent confrontés à la mafia.
Plus posé au niveau de l'image, mais toujours tourné avec des inconnus (en dehors de Sam Lee, le héros de MADE IN HONG KONG, qui est devenu entre temps un acteur établi), THE LONGEST SUMMER est un film nostalgique et très pessimiste sur l'avenir de Hong Kong. L'une des compositions musicales phares du film résume d'ailleurs la pensée du réalisateur "The day we were left behind" -le jour où on nous abandonnera. Fruit Chan et ses compatriotes ne sont plus que des pions dans un jeu politique sur lequel ils n'ont aucun pouvoir…Pour la petite note, deux des militaires du film sont en fait de véritables petits soldats qui se sont retrouvés au chômage au moment de la Rétrocession.

Ces trois films sont des cas uniques dans la cinématographie de Hong Kong où aucun autre film n'a véritablement osé confronter de face les problèmes de la rétrocession.


LE REALISATEUR : Fruit Chan

Né à Canton en 1959, Fruit Chan est un personnage atypique dans le monde très commercial du cinéma de Hong Kong. Après avoir été assistant de grandes pointures tels Kirk Wong, Shu Kei, Jackie Chan ou encore Sammo Hung, Chan réalise son premier film, FINALE IN BLOOD, en 1991.
Une histoire de fantômes, qui, malgré des qualités certaines, n'est pas restée dans les annales. Le succès et la reconnaissance, Fruit les obtient avec son second film, MADE IN HONG KONG (1997), un OVNI dans la cinématographie locale battant alors quelque peu de l'aile.
Alors que tout le monde essaye, plus que jamais, de marquer au box office, Fruit lance un film interprété par des illustres inconnus qu'il a rencontrés dans la rue (Sam Lee, que Chan a découvert alors que celui-ci faisait du skate, est devenu depuis une figure récurrente du cinéma Hong Kongais).
Le film, réalisé avec des bouts de ficelles une œuvre foncièrement indépendante qui ne cherche pas à brosser le spectateur dans le sens du poil. Au travers de l'histoire d'un adolescent paumé, travaillant occasionnellement pour les triades, et qui découvre une raison de vivre via une jeune fille mortellement malade, Fruit Chan donne un portrait pessimiste mais réaliste de la colonie à la veille de la Rétrocession. Grâce à MADE IN HONG KONG, Fruit Chan est aussi devenu la figure de proue du cinéma indépendant à Hong Kong.
La Rétrocession qui effraie toute la population locale est à la base de MADE IN HONG KONG et des deux pseudo suites que Chan lui donnera, THE LONGEST SUMMER en 1998 et LITTLE CHEUNG en 1999. Ces trois films ont obtenu de nombreuses récompenses internationales (à Locarno, au Festival des Trois Continents…) et ont aussi permis à Fruit Chan d'obtenir une reconnaissance mondiale tout à la fois critique et public.

Fruit Chan s'est depuis attaqué à une nouvelle trilogie, cette fois-ci dédiée au monde de la prostitution - une idée qui lui vint lors du tournage de LITTLE CHEUNG, dans le quartier "chaud" de Portland Street.

Le premier film de Durian Durian est sorti en 2000. Hollywood, Hong Kong, la seconde partie, est actuellement en train de faire le tour des festivals.
Deux trilogies qui, en tout cas, placent Fruit Chan comme un chroniqueur hors pair de la vie quotidienne à Hong Kong.


FICHE TECHNIQUE :

Réalisateur et scénario : Fruit Chan
Cinématographie : Lam Wah-chuen
Montage : Tin Sam-Fat
Directeur artistique : Chris Wong Hoi-kwong
Musique : Lam Wah-chuen, Chu Hing-cheung
Producteurs : Doris Yang, Ueda Makoto


FICHE ARTISTIQUE :

Yiu Yuet-ming : Little Cheung
Mak Wai-fan : Fan
Mak Suet-Man : Man (la petite sœur de Fan)
Gary Lai : Mr. Gin (père)
Robby : David
Chun Sun-Yau : Grand-Mère
Chun Kwok-hei : Mme. Gin
Armi Andres : Armi
Heung Hoi : M. Hoi

1 vidéo : Little cheung

Les avis sur le film Little cheung

 
 
     

    Avis des Spectateurs

    Moyenne :  étoiles
    17 avis 4 étoiles
    8 avis 3 étoiles
    18 avis 2 étoiles
    9 avis 1 étoiles

    Casting : Little cheung

      Réalisation
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