Lui, Brad Adamson, père au foyer pas très épanoui. Elle, Sarah Pierce, mère paumée assez effacée. Un parc pour enfants, une balançoire, et c’est une rencontre magique entre deux âmes en peine.
Little Children est une
fable moderne sur les rapports humains. Les personnages s’aiment, se détestent, s’ignorent et le tout, dans une danse incroyablement rythmée. Les deux protagonistes principaux,
Patrick Wilson (la révélation du thriller psychologique
Hard Candy) et
Kate Winslet – tout bonnement magnifique -, gravitent dans un tourbillon d’interdits et de non-dits. Au cours de leur aventure adultère et passionnelle, ils croiseront la route de Ronnie, quadragénaire qui vit chez sa maman et fraîchement sorti de prison pour exhibitionnisme. Le décor est planté.
Todd Field, le réalisateur, avait déjà fait l’unanimité auprès des critiques jetant une petite bombe -
In The Bedroom - constellée de prix tous plus prestigieux les uns que les autres. Avec
Little Children, il signe un véritable coup de maître en rendant ses personnages humains, fragiles et brillants de sincérité. Force est de constater que même le pestiféré du film, considéré comme un monstre violeur d’enfants, suscite, par moments, un soupçon de compassion.
Cette œuvre audacieuse, au-delà d’un scénario béton et d’une mise en scène remarquable, soulève de vraies questions. En effet, le long-métrage met en exergue l’éternel combat entre le bien et le mal, entre ce que la société attend de nous et ce que l’on désire réellement. Doit-on totalement s’annihiler au profit des convenances et du « qu’en dira-t-on » ou aller au bout de ses désirs ? La quête du bonheur – propre à tout un chacun – doit-elle primer sur tout le reste ?
Todd Field filme avec pudeur la perte des repères, des certitudes et des idéaux sur la vie, l’amour et le couple. Les convictions personnelles des héros s’envolent… Les nôtres avec !
Patrick Wilson et
Kate Winslet ont beau « fauter » dans l’affaire, on ne peut s’empêcher d’avoir de l’affection pour ce couple volage mais si touchant et attendrissant. Le cinéaste décrypte également les difficultés de la vie en communauté en s’attardant sur l’hypocrisie ambiante de la ville ainsi que sur les dangers des rumeurs et des « on-dit ». Comment ces derniers peuvent, sans aucun scrupule, faire de la vie d’un individu un vrai cauchemar, voire tout simplement la ruiner ?
Cette étude de mœurs intimiste se révèle être une réelle surprise pour le Septième Art. D’accord, ce n’est pas LE film de l’année, mais il serait bien dommage qu’il bénéficie d’une sortie discrète, perdue entre blockbusters, dessins animés et sempiternels films d’actions truffés d’explosions et de filles courtement vêtues. N’ayons pas peur des mots, il serait quasi-criminel de passer à côté de
Little Children.
Fanny Cairon