Dans quelle mesure ce film est-il plus personnel que vos précédents scénarii ?
J’ai grandi à Staten Island, un coin très particulier de New York, qui a toujours été considéré comme un « sous-quartier » et qui suscite beaucoup de moqueries de la part des New-Yorkais. Inutile de dire qu’en grandissant là- bas, on développe un sacré sentiment d’infériorité vis-à-vis de New York. J’ai toujours eu envie d’écrire là-dessus, de partir du regard que j’avais, enfant, sur les gratte-ciels de Manhattan, qui me paraissaient si proches et en même temps si loin de nous – nous n’y allions jamais. Quand j’avais neuf ans, dans mon esprit, tous les New-Yorkais étaient riches et célèbres, tous étaient des gens « importants » par rapport aux cols bleus insignifiants de Staten Island. C’est de là que m’est venue l’idée du film : montrer comment l’en- droit où l’on grandit influence notre personnalité, et faire de Staten Island une métaphore de notre quête de sens.