Construire ce personnage…
« Avec la tête que j’avais, on ne pouvait pas aller dans la demi-mesure… elle est un peu effrayante quand même …(rires)… mais en même temps, en me familiarisant avec le masque, je finissais par la trouver touchante. Et ce qui m’intéressait, c’était la dualité de ce personnage. Spontanément j’ai pensé au Lac des cygnes, pour donner une référence de ballet classique, avec la dualité cygne blanc – cygne noir. Il me fallait trouver une gestuelle cohérente adaptée à l’écran et non à la logique théâtre-scène. On joue tout autant avec l’espace, les rythmes mais on n’exagère aucun geste, on minimise tout parce que la caméra est toute proche et voit le moindre frémissement de peau. Pour nourrir la gestuelle de ce personnage dual - Jessel a été une grande danseuse, on ne la voit plus que professeur ou en centenaire sans âge qui n’est autre qu’un vampire -, j’ai particulièrement fait attention au travail des mains, du poignet, aux accents donnés par certains gestes brusques, par la baguette quand elle donne les directions. Il fallait aussi créer la surprise par le surgissement… d’une vieille femme, travailler les chutes, les façons de ramper. Et pour trouver une cohérence dans le personnage suivant la temporalité des scènes, trouver un lien entre le professeur de danse et le vampire, j’ai porté mon attention particulièrement sur les ports de tête, la tenue du cou. »