Lolita conte la dérangeante histoire d’un professeur de lettres divorcé et charmeur, Humbert Humbert, tombant obsessionnellement amoureux de la très jeune fille de sa logeuse, Lolita. Après s’être commodément débarrassé de la gênante mère, le couple immoral se lancera dans une course à travers les Etats-Unis.
Ecrit en collaboration avec l’écrivain du roman,
Vladimir Nabokov (même si ce dernier se déclarera déçu du résultat), le film de Kubrick est une mini bombe dans une Amérique soit-disant bien pensante, étrillée par la critique sociale que le réalisateur propose. Car, à travers cette relation contre-nature, tordue et malsaine (même si rien n’est jamais clairement montré à l’écran), c’est véritablement une dénonciation des mœurs américaines qui se déroule sur grand écran grâce, notamment, à une sublimation de l’érotisme commun faussement innocent (ah le générique de début !) puis à une inversion des rôles à la fin du film prouvant clairement la mort de l’innocence.
Le ton est donné, Kubrick ne se cherche pas d’amis. Il le prouvera d’ailleurs l’année suivante avec son génial DOCTEUR FOLAMOUR – toujours avec
Peter Sellers, dans lequel il dénonce, avec un humour décapant, une situation géopolitique mondiale gangrenée par le narcissisme patriotique et la paranoïa généralisée autour de l’arme nucléaire.
=> Retrouvez notre test complet du Coffret Ultimate Kubrick dans notre Dossier spécial !Eléonore Guerra