Rian Johnson est un réalisateur à suivre. Remarqué en 2006 avec le polar cérébral
Brick (avec, déjà,
Joseph Gordon-levitt en tête d'affiche), Prix Spécial du Jury à Sundance, il fait son petit bonhomme de chemin et revient deux ans plus tard avec
Une Arnaque Presque Parfaite, dont le scénario, toujours écrit par ses soins, est également félicité.
Avec
Looper, sorti l'automne dernier, le cinéaste est propulsé sur le devant de la scène hollywoodienne et son scénario reçoit pas moins de six récompenses à divers festivals.
Sous ses airs de blockbuster, le film est, en effet, un thriller de science-fiction efficace et original.
L'histoire :
Dans un futur proche, la Mafia a mis au point un système infaillible pour faire disparaître tous les témoins gênants. Elle expédie ses victimes dans le passé, à notre époque, où des tueurs d’un genre nouveau (les « Loopers ») les éliminent. Un jour, l’un d’entre eux, Joe (Joseph Gordon-levitt), découvre que la victime qu’il doit exécuter n’est autre que… lui-même, avec 20 ans de plus (Bruce Willis). La machine si bien huilée déraille…
Johnson nous transporte ainsi dans l'univers de Joe, gouverné par l'argent et la drogue et où les clivages sociaux n'ont fait qu'empirer. De manière ingénieuse, le cinéaste plante son décor d'un futur sombre et pose sans arrêt la question du temps. L'horloge et les montres sont ainsi omniprésentes et la confrontation du passé, du présent et du futur vraiment intéressante. Ainsi l'affrontement constant entre Joe "
Bruce Willis" et Joe "
Joseph Gordon Levitt", qui, avec trente ans d'écart, sont deux personnes très différentes. Le jeune acteur montant, aidé par la magie du maquillage, réussit à reproduire les expressions de
Bruce Willis sans en perdre son jeu d'acteur ni tomber dans l'imitation.
Mention spéciale également au petit garçon qui joue Cid (Pierce Gagnon), qui, du haut de ses trois pommes, peut donner des frissons.
Rappelant les boucles temporelles de
L'Effet Papillon et le futur apocalyptique de
L'Armée Des 12 Singes,
Looper fait partie de ces bons films d'anticipation inventifs. Avec des scènes d'action bien dirigées, des effets visuels puissants, sans être transcendant dans son propos final, il réussit son coup et la boucle est bouclée.
Marie Devier