D’où vous est venue l’idée d’écrire ce scénario ? Comment avez-vous procédé ?
Je ne pense pas que ce film soit le fruit d’une réflexion ponctuelle. Mon dernier film
Sangre résulte davantage d’une idée qui m’avait traversé l’esprit. LOS BASTARDOS est une partie de moi-même, une partie issue des conséquences de mes expériences personnelles et des circonstances dans lesquelles elles ont totalement échappé à mon contrôle. J’ai vécu à peu près aussi longtemps aux Etats-Unis qu’au Mexique. Mon père traversa la frontière clandestinement avant ma naissance, et en garda des séquelles aux mains. Il m’a raconté cette histoire des dizaines de fois, et malgré tout cela me semblait toujours aussi invraisemblable que des gens prennent autant de risques. Dans quel but ? Un autre membre très proche de ma famille a passé la frontière en marchant à travers un tunnel d’égoûts pendant plus de 12 heures. Voilà, j’en suis sûr, la genèse de LOS BASTARDOS, enrichie de toutes les expériences dont j’ai eu connaissance. J’ai écrit ce scénario avec mon frère Martín, à distance, alors que j’écumais les festivals de films internationaux et durant mes 5 mois passés à la Cinéfondation. Martín est meilleur que moi pour l’écriture, je me contentais donc de lui donner mes idées par mail. Il les organisait ensuite, puis nous retravaillions le texte ensemble et le finalisions. Nous avons consacré beaucoup de temps à l’écriture avant de commencer à tourner car c’est un sujet très difficile.