La Question Humaine, sortie en 2007, achevait une trilogie, enclenchée avec Paria et La Blessure. Comment en êtes-vous venus à Low Life ?
EP :
La Question Humaine était un film sur les pères, sur cette génération qui a vécu la page la plus dure du 20e siècle, la Deuxième guerre mondiale. Simon, le personnage principal, joué par Mathieu Amalric, héritait de cette histoire. Nous avions envie de nous rapprocher d’un contemporain plus fluide, plus immédiat, qui s’intéresserait cette fois à la génération des petits-enfants, c’est-à-dire celle des fils et des filles de Simon. Nous voulions aussi nous situer dans un rapport plus direct à l’actualité. Au moment où j’ai commencé l’écriture du film, plusieurs mouvements étudiants, comme les mobilisations anti-CPE (contrat première embauche), éclataient. Des pans de la jeunesse se révoltaient en France et en Europe. Dans Paria ou La blessure, nous allions à la rencontre d’expériences éloignées de notre quotidien, mais proches de nos préoccupations. Dans
Low Life, notre proximité naturelle avec cette génération qui a l’âge de nos enfants, de leurs amis, était bien plus grande.